Héroïne: salles de consommation et substitut pour les toxicomanes

Deux propositions de loi sont sur la table. La première vise à la reconnaissance légale des salles de consommation à moindre risque. La deuxième vise, quant à elle, à la reconnaissance légale de traitement assisté par diacétylmorphine, de l'héroïne pure. Une manière de réduire les risques. En effet, l'héroïne achetée à la sauvette est de mauvaise qualité et coupée avec des produits encore plus toxiques que l'opiacé. La diacétylmorphine pourrait donc être fournie aux héroïnomanes fortement dépendants.

L'Académie royale de Médecine de Belgique a rendu un avis favorable à ces propositions de loi. L'encadrement proposé ici est une sorte d'anti-chambre entre la consommation en rue et un futur traitement. "On va offrir des lieux de consommation supervisés avec un matériel adéquat, avec du personnel qui va suivre le déroulement de l'opération et éventuellement les effets secondaires." selon le Dr Dominique Lamy, membre de l'Académie royale de Médecine de Belgique. "Il s'agit surtout d'offrir du lien, du non-jugement et un espace de parole pour créer un pas vers le traitement."

Un projet pilote, nommé "TADAM", a déjà été mené à Liège mais les coûts générés ont été jugés excessifs. Le gouvernement fédéral va devoir décider si ces deux propositions de loi peuvent être mises en place soit dans de nouvelles structures, soit en étant intégrées à des structures existantes. Cette dernière possibilité permettrait une réduction des coûts. Mais, selon les associations, le gouvernement semble frileux quand il s'agit de trancher ces questions. "Il faut simplement un minimum de courage politique. Il faut que les "politiques drogues" soient pensées en matière de santé publique et pas de morale." selon le directeur de la fédération bruxelloise francophone des institutions pour toxicomanes, Sébastien Alexandre. "Les politiques au niveau fédéral devraient avoir le courage de reconnaître que ces dispositifs, qui ont fait leurs preuves à l'étranger, sont utiles aussi pour les consommateurs de drogues en Belgique."

Fournir un encadrement est une manière de diminuer la délinquance, limiter les trafics et venir en aide aux toxicomanes. Si le monde médical et le milieu associatif semblent être sur la même longueur d'ondes, la balle est maintenant dans le camp du politique. Un espoir, une porte de sortie pour les héroïnomanes qui vivent généralement complètement reclus de la société. Ils sont environ 60 000 en Belgique.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK