Hécatombe de sangliers sur les plages bretonnes

Un cadavre de sanglier dans la baie de Saint-Brieuc
Un cadavre de sanglier dans la baie de Saint-Brieuc - © AFP PHOTO DAMIEN MEYER

33 sangliers retrouvés morts sur une plage de Bretagne depuis début juillet. Voilà qui intrigue la France. Les associations écologistes dénoncent les algues vertes qui envahissent la plage chaque été.

Des dizaines de sangliers retrouvés morts dans l’estuaire du Gouessant et dans la baie de Saint-Brieuc. Une véritable hécatombe qui secoue les habitants, habitués à voir gambader sur le sable ces animaux, nombreux dans la région.

Mais que leur est-il arrivé ? Pour les associations écologistes, il ne fait aucun doute que les algues vertes dont la décomposition dégage de l'hydrogène sulfuré, un gaz qui peut être mortel, sont responsables.

"En pourrissant, les algues vertes dégagent un jus noir qui s'infiltre dans le sable et forme une vase qui peut être fortement chargée en hydrogène sulfuré", explique Yves-Marie Le Lay, président de l'association Sauvegarde du Trégor. "Les animaux qui vont fouiner sur la plage vont aller percer des poches de gaz dans la vase et s'en prendre plein des naseaux."

La Bretagne est particulièrement touchée par les algues vertes. Ces algues prolifèrent à cause de l’activité des agriculteurs qui leur apportent l’azote dont elles ont besoin pour se développer.

La semaine dernière, lors d'un relevé périodique, la préfecture de la région Bretagne a indiqué qu'environ 32 000 m3 d'algues vertes avaient été ramassées sur les plages du Finistère et des Côtes d'Armor, un chiffre légèrement supérieur aux quantités récoltées en 2010 à la même période.

En visite en Bretagne le 7 juillet dernier, Nicolas Sarkozy avait défendu les agriculteurs contre les "intégristes" de l'écologie en affirmant qu'ils n'étaient en rien "coupables" de la prolifération des algues vertes sur les plages bretonnes.

Mais, pour les autorités, la responsabilité des algues vertes n’est pas si certaine. Pour les deux premiers cadavres découverts, l’autopsie avait conclu à un étouffement provoqué par la vase. Mais pour d’autres sangliers analysés le 23 juillet, les résultats sont moins clairs. Des analyses toxicologiques ont été demandées à des laboratoires. Les résultats devraient être connus dans les jours qui viennent.

J.C.

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