Hausse des hospitalisations dans les institutions psychiatriques : la crise sanitaire a fait des dégâts

Le Beau Vallon accueille des centaines de patients quotidiennement en plus de plusieurs dizaines de résidents. L'institution a connu des moments difficiles durant la crise sanitaire. Et les soucis ne sont pas terminés car les hospitalisations sont en hausse.
Le Beau Vallon accueille des centaines de patients quotidiennement en plus de plusieurs dizaines de résidents. L'institution a connu des moments difficiles durant la crise sanitaire. Et les soucis ne sont pas terminés car les hospitalisations sont en hausse. - © Mathieu Baugniet

Les hôpitaux psychiatriques sont actuellement sous tension. Le nombre des admissions est en augmentation. Et ce, après une période de crise sanitaire déjà très difficile à gérer, notamment à cause des mesures de sécurité à respecter auprès de patients atteints de troubles mentaux.

Exemple au Beau Vallon à Saint-Servais près de Namur. L’institution s’occupe de centaines de patients dont des dizaines vivent en résidence. Ici, quelques personnes sont décédées du coronavirus. Depuis, les mesures ont permis de circonscrire l’épidémie, et il n’y plus de cas. Mais après une période difficile à gérer, un nouveau problème s’annonce. Car le nombre d’hospitalisations augmente depuis plusieurs semaines.

Catherine a été hospitalisée après une tentative de suicide

Catherine Roman est arrivée ici en plein confinement dans des conditions plus compliquées à vivre que d’habitude. Ce week-end, elle va enfin bénéficier d’une sortie à l’extérieur. "Comment allez-vous ?" lui demande son assistant social. "Je suis contente de pouvoir ressortir, de respirer et d’avoir un peu de liberté", répond cette patiente habituée des lieux.

"J’ai fait une tentative de suicide. Je suis soignée depuis plusieurs années ici. Mais un séjour comme celui-ci, je n’en avais jamais connu. Avec les masques et les règles de sécurité, c’était compliqué", explique Catherine.

Des patients, qui n’ont plus été suivis, reviennent en nombre

Anxiété, angoisse… La période actuelle de crise sanitaire exacerbe l’état psychologique de certains patients. Car les règles sanitaires sont parfois incomprises et mal vécues. "On travaille beaucoup avec les familles à l’extérieur. Et cela a été vraiment compliqué. L’après covid permet de remettre en place des visites. Mais elles sont encore très encadrées sous des tonnelles ou dans deux containers aménagés. Des règles qui sont d’application car les patients n’arrivent pas toujours à respecter la distanciation sociale", explique Laurence Trompette psychologue.

La hantise au beau vallon est que le virus se propage dans un des bâtiments. Notamment dans l’hôpital de jour où les patients qui n’ont plus été suivis depuis des mois reviennent en nombre. "Plus de 20% des patients n’ont pas assuré un suivi médical ici. Toutes ces personnes sont de retour. Et les hospitalisations augmentent car parfois l’état des patients s’est dégradé. Exemple encore hier avec une dame qui voulait rester au Beau Vallon car elle se sent trop seule et en détresse", détaille Michaël Godefroid.

Une augmentation des hospitalisations due à plusieurs causes

L’effet "rebond" de patients non soignés, et qui fréquentent à nouveau l’hôpital de jour, est une des causes du nombre d’hospitalisations en augmentation. Mais il y a aussi de nouvelles admissions. "Il s’agit de personnes fragiles, qui étaient par exemple en dépression, et qui ont craqué psychologiquement durant cette crise", explique Xavier De Longueville, psychiatre et directeur médical au beau Vallon.

Autre cause que le secteur dénonce : l’augmentation des hospitalisations psychiatriques sous contrainte. C’est-à-dire des séjours décidés par la justice lorsqu’une personne est atteinte de troubles mentaux et nécessite des soins alors qu’elles les refusent.

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