Harry Potter: le dernier opus est un secret bien gardé

Première incursion sur les planches du sorcier aux lunettes rondes, la pièce, très attendue, a démarré en début d'après-midi au Palace Theatre, à Londres
Première incursion sur les planches du sorcier aux lunettes rondes, la pièce, très attendue, a démarré en début d'après-midi au Palace Theatre, à Londres - © DANIEL LEAL-OLIVAS - AFP

C’est cette nuit dès 1h du matin que les amateurs de Harry Potter pourront acheter le dernier livre de J.K.Rowling, "Harry Potter and the Cursed Child" ("Harry Potter et l’enfant maudit"). Contrairement aux ouvrages précédents, ce n’est pas un roman mais une pièce de théâtre, écrite par l’auteur britannique, et adaptée pour la scène par Jack Thorne et John Tiffany.

Ce soir aura lieu la première du spectacle à Londres, et à minuit tapante en Angleterre (1h du matin chez nous), s’ouvrira la vente de ce nouvel épisode du célèbre sorcier, mais attention: en langue anglaise.

Chez Waterstones, cette librairie anglophone installée en Belgique, ce sont les derniers préparatifs. Les caisses des livres du dernier Harry Potter sont encore fermées. Mais interdiction formelle pour les employés d’y toucher, il faut conserver le mystère autour du dernier épisode.

"On ne peut pas encore ouvrir les boites. Il faudra attendre quelques heures avant la vente" témoigne l'un d'entre eux. "Je pense qu'en Angleterre ils sont très stricts là-dessus, ils ont peur que quelqu'un ouvre le livre et qu'il dévoile ce qu'il s'y passe donc on n'a pas le droit de s'approcher des boites", témoigne une autre. 

Un mystère qui suscite l'excitation des fans de la série, d'autant plus que ce dernier opus n'était pas prévu, la saga devant s'arrêter après le septième tome. "Vu qu'il y en a un nouveau, les gens sont complètement dingues", ajoute l'employée de Waterstones.

Pour maintenir le suspens, la librairie a même été contrainte de signer un contrat qui l'engage à ne pas vendre le livre et à ne pas ouvrir les boîtes en avance.

Du côté des amateurs, on se prépare. Certains viendront ce soir. "Ça va me rappeler la sortie du dernier que j'avais été chercher aussi à minuit dans une ambiance assez incroyable. Je serai là avec ma baguette magique et tout ce que je vais retrouver de mon attirail "Harry Potter" pour fêter ça dignement", raconte une fan de la série âgée de 28 ans et qui a appris à lire en anglais grâce à Harry. Interrogation cependant: une pièce de théâtre au lieu d'un roman classique? "J'espère ne pas être déçue" conclut-elle.

Première mondiale à Londres

Et justement, fans et spectateurs se sont pressés samedi à Londres devant le théâtre où se joue la première mondiale d'"Harry Potter et l'enfant maudit", pièce dans laquelle on retrouve le héros adulte et père de trois enfants.

Première incursion sur les planches du sorcier aux lunettes rondes, la pièce, très attendue, a démarré en début d'après-midi au Palace Theatre, dans le West End, le quartier des théâtres londoniens.

Quelque 200 personnes étaient massées avant le début du spectacle devant l'édifice, protégé par de hautes barrières, pour assister à l'arrivée des célébrités sur le tapis rouge, dont la romancière J.K. Rowling, créatrice de la saga Harry Potter, et le maire de Londres Sadiq Khan.

"Ça va être une manière totalement nouvelle de raconter l'histoire d'Harry Potter. Il y aura des choses auxquelles on ne s'attend pas", s'enthousiasmait Kathy Brereton, 43 ans, venue avec sa fille adolescente.

Plus loin, Jack Slater, 24 ans, attendait le spectacle avec sérénité : "C'est une très grande partie de mon enfance, j'ai eu peur que ça soit complètement différent du reste et que ça ruine tout, mais finalement je ne pense pas".

Le texte de la pièce sera mis en vente dès samedi à minuit au Royaume-Uni, dimanche aux Etats-Unis et en France le 14 octobre.

Divisé en deux représentations d'environ 2H30 chacune, le spectacle se déroule dix-neuf ans après les événements relatés dans "Harry Potter et les Reliques de la Mort", septième et dernier livre de la saga forgée par la romancière britannique J. K. Rowling, paru en 2007.

Le show, avec le comédien Jamie Parker dans le rôle de Harry Potter, a été rodé par près de huit semaines de répétitions publiques à Londres. Les critiques, très favorables, ont confirmé que la pièce se dirigeait tout droit vers un succès commercial.

"Rien de tel depuis des décennies"

Si les lecteurs étaient restés sur un adolescent tourmenté par son passé et son combat contre le redoutable Lord Voldemort, alias Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, ils découvriront dans cette pièce, co-écrite par J. K. Rowling avec le dramaturge Jack Thorne et le metteur en scène John Tiffany, un Harry Potter marié et père de famille.

Employé au ministère de la Magie, le héros, éternelle cicatrice sur le front, doit faire face à une menace grandissante, et la situation n'est guère plus simple à la maison, où son plus jeune fils, Albus Severus (Sam Clemmett), a du mal a gérer le lourd héritage familial des Potter...

Bien que l'on retrouve certains lieux incontournables des livres, à commencer par Poudlard, l'école des sorciers, le changement de format et l'arrivée de nouveaux personnages permettent de surprendre le spectateur, qui retrouve l'émerveillement initial lié à la découverte de l'univers d'Harry Potter.

Et si les néophytes pourront suivre sans trop de mal cette nouvelle aventure, mieux vaut avoir lu les livres pour profiter pleinement des subtilités du scénario, qui navigue allègrement entre relecture et références aux opus précédents, écoulés à plus de 450 millions d'exemplaires dans le monde.

"Le théâtre britannique n'a rien connu de tel depuis des décennies", écrivait cette semaine le quotidien The Daily Telegraph au sujet de l'"Enfant maudit". "Ça vous prend, ça vous remue, ça vous enchante."

Pour le magazine américain Variety, la pièce, qui relève du "théâtre total", "ensorcelle" : "Il y a vingt ans, Harry Potter a converti toute une génération à la lecture. L'Enfant maudit pourrait faire la même chose avec le théâtre".

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