Harmoniser vie de famille et professionnelle, un vrai défi

Comment concilier vie de famille et vie professionnelle ?
Comment concilier vie de famille et vie professionnelle ? - © RTBF

Coup de projecteur sur l’enquête RTBF – "Moustique" consacrée au bonheur des Belges. 73% des personnes interrogées mettent la famille et les enfants au centre de leurs préoccupations. Nous cherchons tant bien que mal à harmoniser au mieux, vie familiale et vie professionnelle en évitant au maximum les frustrations, mais cela ne se fait pas toujours sans mal.

Un emploi du temps millimétré pour une maman ordinaire

Françoise est une mère de famille ordinaire mais chaque matin de la semaine, alors que son conjoint est déjà au travail, elle entame une nouvelle journée folle : se préparer, oublier de prendre son petit déjeuner, lever les enfants, les habiller, les coiffer, remplir les boîtes à tartines, les conduire à l’école, etc.  "C’est toujours la course et j’arrive toujours au travail à la limite du retard", témoigne-t-elle. 

Françoise est  coordinatrice de projet dans les medias numériques. Lorsqu’elle arrive au travail, deux bonnes heures se sont déjà écoulées. "On a des journées XXL, on puise dans nos réserves, on n’a plus de répit et c’est vrai que le corps en prend un coup", témoigne-t-elle.

Les rôles familiaux ont évolué

Au début des années ’70, pas mal des parents couraient déjà après le temps, mais depuis,  le nombre de femmes qui travaillent a doublé et les rôles familiaux ont été complètement redistribués. "Les enfants d’abord", témoigne un papa à l’entrée de l’école.  Un autre explique qu’il connait pas mal de pères qui regrettent de ne pas passer assez de temps avec leurs enfants quand ils sont petits, "mais moi, je ne veux pas passer à côté de cette opportunité".

En 1978, des enfants interrogés en classe avaient une vision complètement décalée de la famille par rapport à ce qu’elle est devenue aujourd’hui. "La femme s’occupe du rangement, de la vaisselle et du nettoyage et l’homme nourrit la famille", disait un jeune élève, tandis qu’une autre fillette expliquait que pour elle, l’important c’est la somme d’argent de le mari rapporte à la maison.

Hommes et femmes veulent faire face sur tous les fronts non sans embuche

Pour Maria Del Rio, chercheuse en sociologie à l’UCL, "on est passé d’un modèle basé sur le devoir de l’homme au travail productif et celui de la femme dans le travail reproductif, à des individus à part entière qui revendiquent de plus en plus un modèle pluriel où ils ne s’épanouissent pas seulement à travers leur travail ou seulement leur famille, mais plutôt dans ces deux sphères".

Anne-Marie est coiffeuse et mère de famille. Pour elle, le défi était devenu trop lourd et elle a craqué sous la pression. "C’est pas facile de se sentir dépassée par les évènements auxquels on ne peut plus faire face". Elle a néanmoins réussi à surmonter son "burn out" grâce à Lina Meunier, une coach familiale qui  insiste sur l'urgence de prendre du recul par rapport à certaines choses : "il faut se demander par exemple ce qu’on pensera dans dix ans de ne pas avoir passé l’aspirateur à tel moment, ou encore relativiser l’importance d’une crise de l’un de son enfant dans un magasin.  Il faut se dégager du regard des autres pour se sentir plus tranquille".

Quelques chiffres

Dans les années ’60, les femmes Belges devenaient maman en moyenne à 24 ans pour 29 ans aujourd’hui. Les naissances hors mariage civil ne représentaient que 4% alors qu’entre 2007-2009, elles ont grimpé à 45%.

En 1968, on comptait 6000 divorces pour 70000 mariages et en 2009, seuls 42 000 couples se sont unis, mais 29 000 ont divorcé.

Cinq fois plus de divorces qu'il y a 50 ans mais une nuance

Pour Anne Verhact, sociologue de la famille, "ce n'est pas parce que l'on divorce que l'on ne se remet pas en couple. Le lien conjugal familial continue à primer dans la vie quotidienne de la plupart de nos contemporains mais avec une désinstitutionalisation de l'Union".

Depuis 1973, l'indice qui montre la satisfaction par rapport à sa vie, n'a pas bougé, alors que le pouvoir d'achat, lui, a augmenté de 80% pendant la même période. Peut-être donc que l'argent ne fait pas le bonheur des Belges.

I.L. avec J. Morelle et F. Baré

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