Harcèlement scolaire: des animations pour "développer l'esprit critique des jeunes vis-à-vis des réseaux sociaux"

Illustration
Illustration - © JASPER JACOBS - BELGA

Ce jeudi 7 novembre, en France, c’est la journée "NAH": Non Au Harcèlement. L’occasion de revenir sur cette problématique qui a pris de l’ampleur avec l’émergence des réseaux sociaux. Selon une étude de l’UCL, il touche un élève sur trois de la sixième primaire à la troisième secondaire.

Pour tenter de pallier à cela, Inforjeunes organise des journées de sensibilisation, comme l’explique Julien Moriame, animateur à Inforjeunes de Couvin. "C’est une animation plutôt qu’un atelier qu’on propose pour les écoles, sur tout notre territoire en Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous, Inforjeunes Entre-Sambre-et-Meuse, on s’occupe de tout le territoire de l’Entre-Sambre-et-Meuse et nous avons une animation qui est plus axée éducation médias et pas uniquement harcèlement parce qu’on estime qu’il faut aussi un peu plus développer l’esprit critique des jeunes vis-à-vis des réseaux sociaux et des différents médias. Donc on profite de cette animation pour aborder les deux volets."

L’objectif est donc double : les faire réfléchir sur les réseaux sociaux et leur utilisation, mais aussi "les éveiller à l’empathie vis-à-vis des différentes situations qu’on leur propose avec des cas concrets de harcèlement qui peuvent se passer sur différents réseaux."

"Le public du cyberharcèlement est infini"

La forme que peut prendre le harcèlement varie très fortement et n’apparaît pas toujours de la même manière. Surtout lorsqu’on parle de cyber harcèlement. "Il y a une victime, il y a un harceleur et il y a le public. L’élément "public" du cyberharcèlement est potentiellement infini. C’est ça qui le rend sans doute plus violent que le harcèlement classique qui peut se passer dans une cour d’école ou dans une classe. L’audience est potentiellement très très grande et ne s’arrête jamais. Avant les réseaux sociaux, le harcèlement se limitait à l’école, ou peut-être devant l’école. Mais maintenant, comme les jeunes sont connectés, ils continuent à la maison et même la nuit, c’est le plus triste."

Malgré tout, la parole se libère de plus en plus "Au début de nos animations, c’était un peu muet dans les classes. Depuis un an ou deux, je dirais, je pense que comme c’est de plus en plus dans la sphère publique, de plus en plus de jeunes le disent carrément pendant l’animation. Devant toute la classe, ils nous parlent de situations qu’ils ont vécues. C’est la plupart du temps essentiellement des moqueries qui peuvent parfois aller plus loin. Souvent, les élèves changent d’école. Et on observe qu’en général, tout le monde a déjà vécu ça. Nous, on leur explique que sur un parcours scolaire, en moyenne, tout le monde sera au moins une fois harcelé et une fois harceleur. C’est tout le monde dans des proportions bien sûr diverses."

Empathie

Et dans ces cas-là, les animateurs essayent de recentrer le débat sur l’empathie. "Dans l’animation, on estime que le harcèlement empêche l’empathie vu que quand on discute avec quelqu’un, quand on se moque de quelqu’un, on voit ses réactions. Et quand ça se passe sur Internet, on ne se rend pas compte si on blesse ou pas les personnes. C’est finalement la victime qui décide si elle se sent harcelée ou pas. Donc on essaie vraiment toujours de les recentrer par rapport à eux-mêmes, si ça leur arrive à eux, si ça arrivait à leurs amis… comment ils se sentiraient. Une fois qu’on retire le côté "ça arrive à un inconnu, ça arrive à quelqu’un d’autre, on s’en moque un peu", et qu’on se dit "si ça arrive à quelqu’un de proche ou qu’on aime bien", forcément, on réagit autrement. Donc on essaie vraiment de leur faire prendre conscience de ça."

Le harcèlement touche tout le monde, ce qui rend les jeunes plus attentifs selon lui. "Forcément, ça les intéresse, ça les touche et ils ont toujours des choses à partager."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK