Guichets fermés: "Pour certains, ça veut dire renoncer à prendre le train"

La SNCB fermera bien 44 de ses guichets d'ici la fin de l'année. Son conseil d'entreprise a acté la décision ce mardi. Parmi les mesures d'accompagnement annoncées, des garanties pour éviter la fracture numérique. On estime que 4 Belges sur 10 sont à risque. Pour en parler sur le plateau de CQFD: Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté et Laurent Hublet, CEO du campus numérique BeCentral.

Les gares devraient devenir des lieux polyservices

La fermeture de ces guichets est une erreur, selon Christine Mahy: "Il y a pas mal de population vulnérable qui renonce à utiliser les trains quand il n'y a plus de gare, d'endroit sécurisé, quand on doit s'adresser à une borne qu'on ne comprend pas. Je connais quelques personnes avec un handicap léger qui ne sont plus rassurées et donc renoncent à un certain nombre de trajets si elles ne peuvent pas être accompagnées". Pour la secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, les gares devraient devenir des "lieux polyservices": "on pourrait très bien avoir un accueil polyservices - bancaire, postal, etc. - or, aujourd'hui on fait l'inverse".

Laurent Hublet affirme croire au rôle des gares: "ce sont des lieux de rencontres, de diversité, de mixité, de connexion. L'enjeu, c'est que voulons-nous faire de ces gares? Comment pouvons-nous leur donner une nouvelle vie? En faire des lieux d'apprentissage, de découverte, de retrouvailles entre personnes".

4 Belges sur 10 à risque d'exclusion numérique

"Il y a une Belgique très connectée et une Belgique déconnectée, qui représente 40% de la population", poursuit le CEO du campus numérique BeCentral. En effet, 4 Belges sur 10 sont à risque d'exclusion numérique, selon le dernier baromètre de l'inclusion numérique de la Fondation Roi Baudouin. Et près d'un ménage sur trois avec de faibles revenus ne dispose pas de connexion internet.

"C'est beaucoup plus que dans les pays voisins, par exemple le Luxembourg ou les Pays-Bas sont à moins de 10% des populations paupérisées qui ne sont pas connectées!", observe Laurent Hublet.

Le problème, c'est qu'on digitalise en fonction des moyennes et non des extrêmes

Quelles pistes de solution?

Laurent Hublet propose différentes solutions développées par BeCentral: "L'éducation joue un rôle très important, y compris pour l'inclusion de publics plus âgés. On a un programme, "la rentrée numérique", qui équipe tous les élèves d'écoles secondaires d'un matériel très simple. Une quinzaine d'écoles sont actuellement dans ce programme. Et on a constaté que le fait que ces jeunes disposent d'ordinateurs fait aussi rentrer le numérique dans des foyers où il n'était pas. Ce qui permet à ces jeunes de devenir eux-mêmes les formateurs de leurs parents et grands-parents".

"On peut et on doit aussi faire beaucoup mieux en terme de simplification", poursuit le CEO de BeCentral, "il y a trop de services qui sont aujourd'hui trop compliqués en ligne. Difficiles à trouver, à utiliser, etc. Il y a tout un effort de simplification et d'amélioration de la qualité des services en ligne à faire". Christine Mahy abonde mais insiste: "il faut prioriser [...] et penser la question en termes de réduction des inégalités numériques, ce qui conduira à prendre des décisions différentes".

Ce Qui Fait Débat, chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h35 sur La Trois. L’entièreté du débat à revoir ci-dessous :

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK