Guérir du Coronavirus, et après? Les importantes séquelles liées aux formes sévères

L'isolement des patients Covid-19 intubés ne facilite pas les soins
L'isolement des patients Covid-19 intubés ne facilite pas les soins - © LUCAS BARIOULET - AFP

A l’heure où nous écrivons ces lignes 18.000 personnes en Belgique ont été détectées positives au Covid-19, 1278 ont développé des formes sévères de la maladie et ont dû être prises en charge par une unité de soins intensifs. Elles présentent des complications majeures à la maladie qui peuvent affecter toutes les fonctions du corps. Une fois guéris, certains risquent d’en garder des séquelles.

Des patients atteints du syndrome post-soins intensifs

La plupart de ces patients, placés en coma artificiel pendant plus de trois semaines, vont au réveil, connaître un retour à la normale parfois long et difficile. Jacques Créteur est chef de service de l’Unité des soins intensifs à l’hôpital universitaire Erasme. D’emblée, il nous explique : " Il est encore bien trop tôt pour connaître exactement les séquelles, à long terme, causées par le coronavirus, mais les intensivistes ont mis en évidence, pour les patients longtemps alités aux soins intensifs, le syndrome post-soins intensifs. "

Ce syndrôme rassemble des séquelles psychologiques très invalidantes qui ressemblent, à s’y méprendre, au stress post-traumatique vécu lors d’un attentat. Dans certains cas, ces séquelles peuvent empêcher un retour à la vie professionnelle.


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Des complications musculaires après un long coma artificiel

Un coma artificiel très long entraîne aussi une faiblesse musculaire très importante, nous rapporte Jacques Creteur : " Lorsqu’ils sont intubés, les patients prennent des paralysants musculaires et des sédatifs qui provoquent une fonte musculaire parfois impressionnante. Après plusieurs mois, les troubles générés par cette fonte musculaire restent importants et des troubles de la marche sont largement documentés. " 

Les services des soins intensifs connaissent donc, depuis longtemps, les séquelles générées par plusieurs semaines de sédation. Voilà pourquoi, en général, ils essaient de diminuer cette sédation et font appel à des kinésithérapeutes pour mobiliser les corps de leurs patients. Mais ici, leur tâche est compliquée par le fait que leurs patients doivent être isolés. Ils reçoivent donc moins de soins de mobilité que d’habitude. Par contre, pour pallier l’interdiction des visites familiales, l’hôpital a trouvé une parade, des vidéos permettent aux familles de garder un contact visuel avec leur proche malade.

Des sédatifs qui entraînent parfois le délirium

Jacques Creteur souligne que la situation des hôpitaux belges n’est pas simple pour l’instant parce qu’ils vivent, actuellement, une pénurie de médicaments. Au service des soins intensifs, les équipes doivent, parfois, utiliser, faute de mieux, des sédatifs dont ils savent qu’ils peuvent entraîner plus de complications au réveil comme des phases de délirium.

Enfin, si le Coronavirus atteint d’abord les poumons, d’autres organes peuvent aussi trinquer comme le cœur et les reins. Le Covid-19 peut entraîner des myocardites c’est-à-dire une inflammation du cœur mais ce problème, selon Jacques Creteur, est réversible. Enfin,

Il y a aussi un risque d’insuffisance rénale. Jacques Créteur témoigne : " Certains de nos patients doivent être dyalisés pendant leur séjour aux soins intensifs. "

Ce médecin conclut que certains patients devront passer par une période de six à douze mois de rééducation à la marche et à la respiration avant de retourner à une vie normale

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