Contrôler le GSM après un accident: une intrusion dans la vie privée?

L'IBSR lance une campagne contre l'usage du GSM au volant
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L'Institut Belge pour la Sécurité Routière (IBSR) et Touring sont favorables à l'instauration d'un contrôle systématique des smartphones des conducteurs après un accident. La police pourrait notamment vérifier que les automobilistes n'étaient pas en ligne ou en train d'envoyer des sms au volant. Cette approche a déjà été adoptée au Royaume-Uni, mais elle pose la question du respect de la vie privée.

L'IBSR lance mardi une nouvelle campagne relative aux dangers de l'usage du gsm au volant. Les conducteurs pris en flagrant délit écoperont d'une amende de 110 euros.

D'après une nouvelle enquête, la moitié des conducteurs belges a déjà consulté un sms en roulant et un automobiliste sur trois en a déjà envoyé. Le risque d'accident dans ces situations serait 23 fois plus important, souligne cette étude.

Il n’est pas facile pour la police de surveiller l'usage du GSM au volant. Elle serait donc plutôt réceptive à l'idée d'un contrôle renforcé, par une vérification du journal du téléphone et dans certaines situations seulement explique le commissaire Olivier Quisquater : "Si par exemple un témoin a cru voir la personne en train de téléphoner juste avant l’accident, cela donne plus de poids pour demander de vérifier son téléphone. Il y a aussi beaucoup d’accidents où l’utilisation du GSM n’est pas en cause, et on ne peut pas demander à tout le monde la vérification de son GSM".

Vie privée

Cette éventuelle future pratique ne manque pas de soulever quelques questions. Pour Christophe Redko, avocat spécialiste des questions de la route, "aujourd’hui, votre téléphone est un petit peu comme votre maison. Vous avez les sms que vous avez envoyés, vous avez vos contacts et une série d’informations qui vous sont personnelles. Et un verbalisant n’a pas à s’immiscer dans cette vie privée".

De son côté, l’avocat Bernard Dewitte attire l’attention sur la responsabilité éventuelle d’un patron qui aurait confié un smartphone à son employé en lui demandant qu’il soit joignable à tout moment. Qui sera responsable en cas d’accident, si le conducteur a répondu au téléphone, craignant que son parton lui reproche de n’avoir pas pu être joint?

RTBF

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