Concertation: blocage sur le saut d'index, préavis de grève déposé

Ce préavis est valable à partir du 2 février. Pour le syndicat socialiste liégeois, c'est un moyen clair de faire pression sur le gouvernement et sur la négociation actuellement en cours.

Si les négociations devaient capoter, le syndicat se prêt à démarrer des actions de grève.

Trois grands dossiers demeurent des pierres d'achopement pour aboutir à un accord interprofessionnel: les salaires, la répartition de l'enveloppe bien-être et la traduction en conventions collectives des accords déjà conclu sur les crédits-temps ou les prépensions

"Dans les trois domaines, nous avons encore beaucoup de points à discuter", a reconnu avant la réunion l'administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans.

Idéologie politique

Pour la FGTB, Marc Goblet estime qu’il existe une marge d’augmentation de salaire de 0,74% : "Ce n’est qu’une question d’objectivité intellectuelle sur la base des chiffres". Il ne cache pas son impatience et il demande aux employeurs de dévoiler leurs réelles intentions : "Si on veut qu’après notre base approuve un accord, il faut qu’il y ait quelque chose de concret. Et qu’enfin, dans ce pays, les travailleurs et les allocataires sociaux soient un peu respectés au même titre que les capitalistes. Tout le reste, c’est de l’idéologie politique, ce n’est pas de la concertation".

Selon le rapport technique du Conseil central de l'Economie (CCE), l'écart salarial (depuis 1996) entre la Belgique et ses trois principaux voisins a été ramené fin 2014 à 2,9%, contre 4,2% fin 2013 et 4% fin 2012. Les syndicats y voient de quoi permettre une augmentation des salaires sur la période 2015-2016 là où le patronat demande de poursuivre les efforts visant au rétablissement de la compétitivité des entreprises.

"Nous devons réduire le problème de compétitivité, à zéro. Ensuite, on verra ce qui est possible", a estimé Karel Van Eetvelt, administrateur délégué de l'Unizo, l'organisation représentant les entrepreneurs flamands.

Le principal point de désaccord reste donc les augmentations de salaires et l'abandon du saut d'index réclamés par les syndicats. A l’arrivée, ils ont rappelé une fois de plus leurs demandes : "Depuis la parution du Conseil central de l’économie, nous avons dit qu’il y avait de l’espace pour la négociation, et que le saut d’index nous posait question", a déclaré Marie-Hélène Ska de la CSC.

Réponse de Philippe Godfroid de l’Union des Classes Moyennes (UCM): "En principe, il n’y a pas de marge. Mais entre le principe et l’aboutissement d’une négociation, il y a une marge. Donc on va essayer de l’établir ensemble". En revanche, concernant le saut d’index, le représentant de l’UCM remarque : "Il ne nous appartient pas de discuter ce qui se trouve dans l’accord gouvernemental".

"Je ne pense pas que l'on va réécrire l'accord de gouvernement"

Une précédente réunion, lundi, qui faisait suite à deux autres entrevues la semaine précédente, s'était soldée sur un blocage. Entre-temps, les experts patronaux et syndicaux ont semble-t-il "bien travaillé" au sein de divers groupes de travail.

Peu avant la reprise des négociations ce mercredi, le ministre de l'Emploi, Kris Peeters, déclarait à la Chambre qu'un projet de loi permettant de créer une base légale au saut d'index sera déposé "dès que possible".

Du côté patronal, M. Timmermans a rappelé que le saut d'index faisait partie de l'accord gouvernemental. "Je ne pense pas que l'on va réécrire l'accord de gouvernement", a-t-il laissé entendre.

Un compromis doit également être trouvé sur la répartition de l'enveloppe bien-être, qui se monte à 319,5 millions d'euros en 2015 et 627,2 millions en 2016. Enfin, les partenaires sociaux doivent couler en CCT-cadres le "mini-compromis", comme d'aucuns l'ont surnommé, conclu mi-décembre au sujet, notamment, des mesures de fins de carrière et de l'harmonisation des statuts ouvrier-employé.

De part et d'autre, la volonté semblait partagée mercredi d'aboutir en même temps à un accord global sur les trois dossiers. "Il y aura un accord global ou pas d'accord", a précisé à cet égard Marc Goblet.

Les partenaires sociaux ont en principe rendez-vous ce vendredi 30 janvier avec le gouvernement fédéral pour présenter le résultat de leurs négociations.

RTBF

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