Grève nationale: le détail des perturbations en un coup d'œil

Le trafic était dense sur l'autoroute E40 jeudi dernier suite à la seule grève du syndicat indépendants des conducteurs de train.
2 images
Le trafic était dense sur l'autoroute E40 jeudi dernier suite à la seule grève du syndicat indépendants des conducteurs de train. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Ce lundi 15 décembre, jour de grève nationale, la Belgique sera à l'arrêt. Le secteur des transports sera le plus touché, tandis que des piquets de grève devraient bloquer l'accès à de nombreux zonings industriels. Sur les routes, c'est l'incertitude : il est impossible de déterminer quels axes seront bloqués, même si la région bruxelloise devrait particulièrement être visée par les actions.

Incertitudes sur les routes

Sur les routes, il est bien difficile de prévoir l'impact de la grève nationale de ce lundi.

La circulation devrait cependant être difficile suite à la mise en place de possibles barrages et de piquets de grève un peu partout dans le pays. Ceux-ci pourraient bloquer l'accès à la capitale, ainsi qu'à la plupart des zonings industriels, mais il est impossible de mesurer l'ampleur de ces très probables perturbations.

L'Union belge du transport a par ailleurs lancé un appel aux chauffeurs de camion pour participer à la grève et ainsi "paralyser le pays". Des blocages pourraient donc avoir lieu et d'autres initiatives du genre ne sont pas à exclure.

Transports en commun immobiles

La circulation des trains risque d'être totalement à l'arrêt dès dimanche 14 décembre à 22h00 et toute la journée de lundi. La STIB, les TEC et De Lijn s'attendent également à ce que la grande majorité de leurs véhicules restent au dépôt.

L'ensemble de ces sociétés de transports conseillent à leurs usagers de trouver d'autres solutions de transport.

Les réseaux des trains Thalys et Eurostar seront également affectés par la grève. Thalys ne prévoit aucun train lundi et plusieurs trains du dimanche soir sont également annulés.

Eurostar indique de son côté qu'il n'assurera aucune correspondance entre Lille et Bruxelles lundi.

Tous ces opérateurs recommandent aux voyageurs de se renseigner en direct sur leurs sites internet et applications mobiles respectifs.

Le ciel sera bien calme

Les avions seront également paralysés par la grève nationale. Tous les aéroports du pays sont concernés par cette décision. Aucun avion ne devrait donc atterrir ou décoller des aéroports de Zaventem, Charleroi, Liège, Anvers et Ostende. Dès ce dimanche 22 heures, les contrôleurs aériens de Belgocontrol devraient en effet débrayer, ce qui empêchera de facto tout décollage ou atterrissage pendant 24 heures.

Les conséquences sont immédiates : les avions qui devaient atterrir dimanche après 22 heures sur le sol belge seront automatiquement détournés. Si les vols ne sont pas annulés par les compagnies, des rapatriements en bus devraient être organisés.

Brussels Airlines a annoncé l'annulation de tous ses vols lundi, ce qui devrait coûter 5 millions d'euros à la compagnie. Jetarifly et Thomas Cook ont, pour leur part, décidé d'opérer leurs vols depuis et vers des aéroports étrangers, à savoir Lille, Maastricht et Schipol.

La grève devrait par ailleurs encore impacter le trafic aérien mardi.

L'économie au point mort, écoles et hôpitaux au minimum

L'industrie et le commerce tourneront également au ralenti. En province de Liège, plusieurs zonings industriels, Villers-le-Bouillet, Grâce-Hollogne et le Sart-Tilman notamment, seront bloqués par un piquet de grève. Les grandes entreprises de la province (ArcelorMittal, FN, Techspace Aero) seront aussi touchées tandis que les portes des plus importantes galeries commerçantes resteront closes.

Dans tout le pays, la mobilisation intersectiorielle devrait aboutir à un ralentissement important de l'activité économique. Les administrations et entreprises publiques, l'enseignement et le secteur non marchand souffriront également du mouvement.

En Brabant wallon, la CSC annonce davantage de barrages routiers aux abords des zonings (Jodoigne, Wavre, Nivelles entre autres) à partir de 5h00 du matin, tandis que la FGTB mettra en place des barrages temporaires "volants".

En province de Hainaut, le front commun syndical reconduira le dispositif mis en place le 24 novembre. Zonings, entreprises, écoles et administrations communales seront très fortement perturbés. Le fonctionnement des hôpitaux sera lui aussi réduit au minimum.

A Namur, les syndicats ont demandé aux gens "de rester chez eux". Les zonings de Rhisnes, Seilles, Créalys aux Isnes, Sombreffe et Malonne seront bloqués.

En province de Luxembourg, des entreprises comme Ferrero (Arlon), Federal Mogul (Aubange) ou Magolux (Messancy) seront normalement à l'arrêt. Un piquet de grève devrait par ailleurs être installé devant l'usine de L'Oréal à Libramont. Le zoning de Latour (Virton) sera probablement bloqué.

A Bruxelles aussi, la mobilisation devrait s'intensifier par rapport à la situation lors de la grève tournante du 8 décembre. Les zonings industriels d'Anderlecht, de Drogenbos, de Diegem et de Zaventem seront visés.

Il n'en ira pas autrement dans les provinces flamandes. A Anvers, le port sera totalement paralysée tandis que l'industrie chimique ressentira également les conséquences du mouvement syndical. "Il y aura très peu d'activité aux terminaux maritimes", confirme le directeur d'Alfaport, la coupole des entreprises actives dans le port.

Collecte des déchets perturbée

La grève nationale de lundi affectera également le ramassage des ordures ménagères à Bruxelles et en Wallonie.

Bruxelles-Propreté prévoit des perturbations importantes qui concerneront autant les ordures ménagères que les déchets triés. L'organisme para-régional demande aux Bruxellois de rentrer leurs sacs-poubelles s'ils n'ont pas été pris. Les sacs blancs seront dès lors collectés jeudi tandis que les sacs bleus et jaunes seront ramassés le lundi 29 décembre en fonction du calendrier de collecte. La grève touchera également la collecte des conteneurs ainsi que les parcs à conteneurs régionaux.

Dans plusieurs entités de la province de Namur, les collectes de déchets organiques et d'ordures ménagères, de papiers et de cartons, de PMC et d'objets encombrants ne seront pas assurées lundi. Le Bureau économique de la province (BEP) conseille vivement aux citoyens de ne pas sortir leurs poubelles. Selon l'échevin namurois de l'Environnement, Alain Detry, la redevance pour un sac poubelle non conforme ou qui n'est pas sorti pendant les heures normales de collecte s'élève à 125 euros, mais il préfère prévenir au maximum la population plutôt que de sanctionner. "Je ne peux pas piéger les gens qui n'auront pas lu l'information du BEP et qui n'auront pas rentré leurs poubelles avant de partir lundi matin", a-t-il ajouté. Des collectes de rattrapage pour les papiers et cartons, les PMC et les encombrants sont prévues entre le 16 et le 18 décembre. A noter que les trois parcs à conteneurs de la Ville de Namur, soit Malonne, Champion et Naninne, resteront fermés lundi.

En province de Hainaut, l'intercommunale Hygea, active dans la région Mons-Borinage-Centre, fait également savoir que la collecte n'aura pas lieu et que les écoparcs resteront fermés toute la journée de lundi. Elle appelle les citoyens à ne pas sortir leurs sacs. Ceux-ci seront relevés les deux lundis suivants selon les zones de collecte.

Pas de journaux papier

Les quotidiens francophones ne seront pas disponibles en édition papier. Les éditeurs de la Dernière Heure, La Libre, L'Avenir, l'Echo, Le Soir et Sudpresse ont pris cette décision afin notamment d'éviter "des pertes sèches" en raison de la grève qui pourrait également toucher les imprimeries et réseaux de distribution. Une version électronique PDF de ces journaux, gratuite ou payante, sera néanmoins disponible.

Les fleuves au ralenti

Les voies navigables ne seront pas épargnées par le mouvement. La navigation devrait être "très problématique" vers les ports flamands, selon l'agence flamande compétente. Le trafic sur l'Escaut devrait être interrompu dès ce dimanche soir.

RTBF

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK