Grève du 31 mai: "Je n'ai pas d'autre choix que de dormir au boulot"

La grève lancée par la CGSP dans les services publics ce mardi risque de créer la pagaille. Les transports publics seront fortement impactés. Pour de nombreux travailleurs, il faut donc se débrouiller.

Catherine Muller est greffière au tribunal de commerce d'Eupen. Elle habite à Huy, soit à quatre-vingt kilomètres de là.

Chaque jour, elle met plus de deux heures pour se rendre au travail. Sans voiture ce mardi et sans les transports en commun, Catherine n'a pas d'autre choix que de dormir sur place, dans l'un des bureaux.

"Il n'y a pas d'autres possibilités. Je n'ai pas de collègue qui habite près de chez moi. Je ne sais pas me rendre au travail en dehors des transports publics, donc ce n'était pas possible autrement", indique Catherine.

Une longue nuit de sommeil

Malgré tout, il y a aussi des avantages à dormir au travail. Catherine pourra par exemple se lever plus tard ce mardi matin. "Je gagne presque trois heures, donc c’est un avantage, même si je préférerai dormir à la maison avec mon mari."

Sa soirée, Catherine la passera donc seule, mais elle en profitera pour manger dans un restaurant proche de son lieu de travail. Elle pourra ensuite rentrer et profiter d'une longue nuit de sommeil.

Il était par contre hors de question pour Catherine de prendre une journée de congé ce mardi. "Je ne veux pas prendre un jour de congé pour quelqu'un d'autre que moi. Je les garde pour moi, pas pour les grèves de quelqu'un d'autre", raconte-t-elle.

Tout dans sa valise

Pour ce petit séjour dans les locaux du tribunal de Commerce d'Eupen, Catherine a tout prévu. Elle a emmené avec elle un matelas pneumatique, une couverture. Et dans sa petite valise, elle a mis un pyjama, une brosse à dents, du dentifrice et de quoi se laver, sans oublier les vêtements de rechange. Sur son lieu de travail, Catherine a la chance d'avoir une salle de bain et une cuisine.

Autre alternative : le co-voiturage

Mais tout le monde ne peut pas dormir au boulot. Ce mardi, beaucoup de Belges opteront pour le co-voiturage, une solution plus classique, mais très efficace. Aux Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles, ils sont plusieurs à s'être organisés, comme souvent quand il y a grève.

Ils viendront de Liège, de Namur, de Charleroi ou encore de Tournai, comme Emilie et Anne-Sophie. "On n'a pas beaucoup d'autres solutions, mais ça permet de rentabiliser les frais d'essence et de ne pas être bloquée seule dans les bouchons", raconte Anne-Sophie. Elles seront à quatre dans la voiture. Le départ est prévu vers 5h20. "On va se retrouver à un certain endroit, assez tôt vu le nombre de manifestants attendus et on viendra ensemble au travail", explique Emilie.

Emilie et Anne-Sophie auront la chance de passer la soirée chez elles. Quant à Catherine, elle pourra presque faire une grasse matinée.

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