Grève des hôpitaux: un mouvement qui pourrait s'amplifier

Depuis dimanche soir 20 heures et jusqu’à ce lundi 20 heures, les hôpitaux bruxellois du réseau IRIS sont en grève. Caroline Van Laeken, infirmière en soins intensifs au CHU Brugmann à Bruxelles explique les raisons du malaise. 

Ce n’était plus arrivé depuis bien longtemps : l’ensemble des services hospitaliers sont concernés par un mouvement aussi important. Selon Caroline Van Laeken, le mouvement est "assez bien" suivi ce matin : "On a pas mal fait écho dans plusieurs hôpitaux, donc je pense qu’il y aura quand même pas mal de monde ce matin pour cette action."

Quelles conséquences pour les patients ?

"Il faut se rassurer parce que nos services sont assurés, on a bien des collègues qui prennent le relais et qui seront présents ce matin pour la continuité des soins et la prise en charge des patients.

C’est "plus ou moins comme un dimanche", explique Caroline Van Laeken.

Souffrance du personnel

Caroline Van Laeken explique ce que vit le personnel, raison principale de la grève : "Il faut se dire qu’au niveau des conditions de travail, elles se sont fortement dégradées depuis plusieurs années."

Elle plaide pour une revalorisation du métier d'infirmière : "Notre métier a évolué, et avec ça l’importance qu’on a, la dureté du travail et les responsabilités qui vont avec. On voudrait donc être un peu revalorisé par rapport à ça aussi."

Elle détaille ces nouvelles charges de travail : "Le type de patient a bien changé ; on a des patients beaucoup plus vieux, avec plusieurs pathologies, donc avec une plus grosse prise en charge. Le nombre d’infirmiers nécessaires pour prendre un patient en charge a changé et on a besoin de plus de temps et de plus de moyens pour bien les prendre en charge."

Le malaise concerne-t-il uniquement les infirmiers et infirmières ? "Je pense que c’est un peu général dans les hôpitaux, que ce soit médecins, infirmiers et tout autre corps de métier qui en fait partie."

Cela concerne-t-il uniquement les hôpitaux publics bruxellois ? "Je pense que notre mouvement a fait un peu écho dans d’autres hôpitaux, et par là il y a normalement un mouvement qui se fera dans d’autres hôpitaux bruxellois demain. (...) C’est maintenant à chaque hôpital de faire le pas."

L'objectif de la grève

Qui pose problème : les organisateurs du système public bruxellois, l’IRIS, ou bien le gouvernement fédéral ? "On avait commencé petit, en allant vers notre direction à nous, qui nous a rejeté la balle vers le réseau IRIS. Donc là, actuellement, on se tourne vers le réseau IRIS et on verra par la suite ce qu’il adviendra."

Caroline Van Laeken plaide pour un changement au niveau de la vision du réseau hospitalier :"Actuellement, ils [IRIS, ndlr] essayent de diminuer les séjours hospitaliers, donc il faut faire beaucoup plus en beaucoup moins de temps. On reste des humains, donc il faut nous laisser le temps et les moyens de le faire correctement."

"Ils essayent de faire des économies comme ils peuvent et je pense que le secteur de la santé est bien mis sur la sellette." Conséquence : les professionnels ont l'impression de faire le travail de plusieurs personnes. 

Les actions d'aujourd'hui commencent dès 9 heures : "On se donne tous rendez-vous devant la faîtière IRIS, où il y aura quelques activités. Ensuite, on rencontrera normalement une délégation de IRIS et on verra ce que les discussions donneront."

De nouvelles actions à prévoir ? "Oui, répond Caroline Van Laeken, "On verra ce que l’avenir nous dira."

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