Grève des femmes: "Nous demandons une reconnaissance des tâches ménagères"

Le Collecti.e.f 8 maars est un groupe de femmes, indépendantes de toute organisation, qui appelle toutes les femmes de Belgique à faire grève ce vendredi, tant dans leur vie professionnelle que du côté de leur vie de famille, ou encore en matière de consommation. "Nous proposons une grève classique (du travail salarié, indépendant et bénévole), mais aussi une grève du travail domestique. On arrête tout, on arrête de faire le taxi, de faire le ménage, de consommer ou d'étudier" expliqué Charlotte Casier, une militante du Collecti.e.f 8 maars, interrogée sur La Première. "Nous demandons un meilleur partage du travail domestiques, qui est fondamental dans cette société. Nous demandons aussi une reconnaissance de ce travail".

"Les syndicats ont parfois trop délaissé les questions féministes" regrette-t-elle, mais cette année "quelques centrales ont déposé des préavis. Je me réjouis qu'ils s'approprient ces questions fondamentales". Etre femme est une forme de handicap à la naissance, explique Charlotte Casier : "L'égalité salariale n'est pas encore atteinte, les femmes sont encore fort victimes de violences, elles sont peu prises au sérieux dans la société et parfois assez mal prises en charge par certains services".

Intersexionalité

L'intersexionalité, c'est lorsque la discrimination dont sont victimes les femmes "se combine avec d'autres (discriminations), notamment le racisme et le capitalisme. Ces trois discriminations se combinent font naître, pour certaines femmes, des situations spécifiques de discrimination. C'est une discrimination croisée: une femme blanche et une femme noire ne vivront pas la même forme de sexisme, par exemple" poursuit Charlotte Casier.

"Nous militons aussi pour un accès gratuit et sans restriction à l'avortement, à la contraception, et pour des services de santé accessibles à toutes, publics et gratuits" explique-t-elle.

En ce qui concerne les tâches ménagères, "nous proposons à toutes les femmes de faire et grève et de tout arrêter. Mais nous sommes est réalistes, nous savons que c'est compliqué. Nous proposons que les hommes puissent prendre en charge les tâches que normalement prennent en charge les femmes de leur entourage, pour que ces dernières puissent faire grève et profiter de leur journée. Nous appelons à faire le minimum vital des tâches."

"On parle souvent du choix de l'emploi partiel mais en fait c'est un choix contraint. C'est parce qu'elles doivent encore assumer du travail à domicile qu'elles sont obligées de ne travailler que la moitié du temps", rappelle-t-elle.  

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