Brussels Airport: la grève chez Swissport se poursuit, perturbations en vue mardi

Le personnel a arrêté le travail dimanche soir afin de se plaindre du manque de main d'oeuvre au sein de Swissport, ce qui a pour conséquence une trop importante pression sur le travail et des risques pour les travailleurs, expliquent les syndicats. Ces derniers précisent que le mouvement de grève se prolongera jusqu'à ce que la direction de la société suisse donne des garanties suffisantes à son personnel.

"Tous les services de Swissport sont à l'arrêt. Les nouvelles équipes ont immédiatement suivi le mot d'ordre. Le nettoyage, le passage, le check in, le chargement, le bagage sort, ... tout le personnel s'est joint à l'action", indique Kurt Callaerts, de l'ACV Transcom.

"A l'ACV Transcom, nous avons voulu autant que possible éviter cette action, mais hier/dimanche, la bombe a éclaté", explique le syndicaliste. Le personnel proteste notamment contre la volonté de la direction de Swissport d'introduire un horaire de 11 heures de travail. Les syndicats affirment aussi que la direction ne respecte pas les engagements pris après le rachat de Flightcare par Swissport.

Les syndicats et la direction de Swissport se sont vus ce lundi mais la rencontre a été suspendue sans résultat:  la grève se poursuit donc. Une nouvelle réunion doit avoir lieu demain mardi.

Selon Kurt Callaerts, "vu que le conflit couve depuis très longtemps et que la direction a déjà violé plusieurs fois les CCT et ses promesses, je crains que nous soyons partis pour quelques jours."

Brussels Airlines, entre autres, recourt aux services de de Swissport

Plusieurs compagnies aériennes, dont Brussels Airlines et Lufthansa, recourent aux services de Swissport. Aucun bagage normalement pris en charge par la société suisse n'est trié, chargé ou déchargé tant que la grève se poursuivra.

La grève provoque de grosses perturbations à Brussels Airport. Certains vols sont annulés, d'autres sont maintenus, mais accusent de gros retards.

Si l'action n'a pas eu de conséquences trop lourdes à Brussels Airport dimanche soir (quelques avions seulement ont décollé sans bagages de soute), l'impact était beaucoup plus grand ce lundi, où l'affluence est beaucoup plus importante et les vols à l'extérieur de l'Europe plus nombreux.

Les voyageurs, dont la gestion des bagages est assurée par Swissport, sont invités à se renseigner auprès de leur compagnie aérienne ou sur le site internet de l'aéroport.

Les personnes qui voyagent via une compagnie qui travaille avec Swissport sont invitées à prendre le moins de bagages possibles avec elles et de placer leurs objets de valeur dans leur bagage à main.

Quant aux passagers atterrissant à Brussels Airport, ils sont priés de ne pas rester à l'aéroport et ce même s'ils ne peuvent récupérer leur bagage. Dans ce cas, un dossier doit être complété sur le site internet des compagnies aériennes et les valises restées en souffrance seront livrées dans les jours suivants à leur adresse.

Climat social tendu

Le climat social est déjà tendu depuis plusieurs semaines chez Swissport. Les syndicats affirment que les accords de gestion conclus après la reprise de Flightcare par Swissport n'ont pas été appliqués. Le manque de main d'oeuvre est particulièrement pointé du doigt.

C'est cette raison précise qui a amené les travailleurs présents dimanche après-midi à arrêter le travail. A l'issue d'une réunion du personnel avec les syndicats, la décision a été prise de partir en grève. "Deux travailleurs inexpérimentés pour un avion de 180 personnes, c'est effectivement trop peu et de surcroît dangereux", estime Sandra Langenus du syndicat socialiste.

Selon la direction de Swissport, en début de semaine, il avait été question de s'accorder sur une paix sociale de deux semaines afin de donner toutes leurs chances aux négociations. "Ce que je trouve étrange, c'est que nous n'avons plus eu de problème depuis lundi de la semaine passée", a indiqué dimanche soir le CEO de la société de handling, Marcel Buelens, sur les ondes de la VRT.

Il fait état d'un "petit incident avec un superviseur" qui a fait que les choses se sont emballées. "Dans le rapport de négociation fait au ministère du travail il est pourtant clairement indiqué qu'il faut attendre deux semaines et qu'il faut donner toutes ses chances aux négociations."

RTBF

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