Grève dans les hôpitaux publics bruxellois ce lundi

Grève dans les hôpitaux publics bruxellois ce lundi
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Grève dans les hôpitaux publics bruxellois ce lundi - © Tous droits réservés

Les hôpitaux publics bruxellois tournent au ralenti ce lundi. Une partie du personnel est partie en grève dimanche soir à 20 heures pour un arrêt de travail de 24 heures. Le fonctionnement de ces hôpitaux en grève devrait être similaire à un service du dimanche : les urgences continuent de fonctionner, mais les consultations et les interventions non urgentes sont reportées.

Les hôpitaux concernés

Le personnel des hôpitaux bruxellois du réseau Iris a entamé dimanche soir à 20h00 une grève de 24 heures, qui devrait, selon les retours des délégués syndicaux, être "bien suivie". Les hôpitaux concernés sont le CHU Brugmann, le CHU Saint-Pierre, l'Institut Bordet, l'hôpital des enfants Reine Fabiola (Huderf) et les Hôpitaux Iris Sud (Baron Lambert, Etterbeek-Ixelles, Bracops et Molière-Longchamp). 

Une grande part de leur personnel administratif, soignant, technique, se croise les bras ce lundi, pour aller exprimer en matinée son mécontentement devant le bâtiment de leur association faîtière Iris, dans la rue Dejoncker à Saint Gilles.

Au même moment, une réunion du "Comité C Iris" y est en effet prévue, un comité de négociation entre les représentants syndicaux et ceux du conseil d'administration de la faîtière qui chapeaute le tout, dont son président Renaud Witmeur (étiqueté PS, ancien chef de cabinet de Rudy Demotte).

D'autres actions possibles par la suite

Selon Benoit Lambotte, secrétaire régional bruxellois de la CSC Services publics, la réunion du comité était prévue de longue date, mais, "en apprenant l'action, les responsables se sont dit prêts à discuter de nos revendications" lors de celle-ci.

D'éventuelles nouvelles actions dépendront de ce qui ressort des discussions de la réunion de ce comité. "Si nous recevons le signal positif qu'ils sont prêts à entamer de vraies discussions sur le fond, c'est bien. Si non, il s'agira d'évaluer en front commun ce que nous ferons par la suite", ajoute-t-il.

Témoignage d'un infirmier 

Jean-Sébastien Lerolle est infirmier au CHU Saint-Pierre à Bruxelles et son quotidien s’apparente à une perpétuelle course contre la montre : "On a vraiment le sentiment qu’on nous demande toujours plus et qu’on a de moins en moins. On le voit au niveau du personnel, on est moins nombreux, on doit faire plus de tâches et on doit courir de plus en plus pour justement arriver à satisfaire les patients et avoir une qualité des soins. C’est donc vraiment de plus en plus compliqué."

"Il y a 10 ans de ça, je n’avais pas ce sentiment de courir à ce point. J’avais vraiment le sentiment de faire des soins où on était plus proche du patient et où on arrivait vraiment à répondre aux besoins. Là, j’ai l’impression d’avoir de plus en plus de mal à répondre aux besoins du patient et à répondre au sens que je donne au travail que je fais. J’ai de plus en plus de mal à répondre à ça", explique-t-il.

Les conditions de travail et de rémunération au centre des préoccupations

Le personnel déplore l'abandon il y a plusieurs années de la prime de fin d'année (au profit de chèques repas), comme cela avait été le cas à la même époque pour le personnel de nombreuses communes (et CPAS, structures dont dépendaient les hôpitaux du réseau Iris par le passé).

Parmi les autres revendications figurent, selon le communiqué du front commun syndical socialiste (CGSP-ALR), chrétien (CSC-SP) et libre (SLFP), la possibilité de mettre en place des réductions du temps de travail, un second pilier de pensions pour les contractuels ainsi qu'un remboursement complet des frais de transport.

Comme pour l'ensemble des pouvoirs publics bruxellois, un gros point noir, selon les syndicats : les barèmes, dont ils souhaitent une revalorisation. Cette demande figure depuis un an et demi dans un "cahier de revendications" consacré aux personnels des pouvoirs publics de la capitale, "mais le train avance moins vite du côté hospitalier", constate et regrette Benoit Lambotte. Or, les syndicats ont calculé que les pouvoirs locaux bruxellois sont particulièrement sous-financés, avec "un différentiel de barèmes de 15-20% par rapport à la Wallonie ou la Flandre", se rappelle le syndicaliste.

Les premiers concernés : les patients

Dans le secteur hospitalier, les spécificités du travail font aussi que la charge va en augmentant, entraînant son lot de "souffrance" du personnel face aux besoins des patients, selon les syndicats. Dans le même temps, les mesures en matière de santé, au fédéral, "ne vont pas dans le sens d'une poussée vers l'embauche, pour augmenter la qualité des soins", rappelle Benoit Lambotte, qui finit de dresser un tableau plutôt sombre.

Le préavis de grève du personnel des cinq hôpitaux, répartis sur onze sites à travers Bruxelles, court de dimanche soir 20h00 jusqu'à lundi soir 20h00.

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