Grèce : les incendies menacent le site de l’ancienne Olympie, berceau des Jeux Olympiques et joyau du patrimoine mondial

Le site archéologique de l’Ancienne Olympie en Grèce est menacé par un incendie alors que les pompiers doivent faire face à une centaine de feux de forêt à travers tout le pays, sous l’effet d’une canicule exceptionnelle. Le berceau des Jeux olympiques est en danger alors que l’édition 2021 des Jeux modernes se déroule en ce moment à Tokyo.

Un patrimoine mondial

Le village de l’Ancienne Olympie au nord-est du Péloponnèse est habituellement bondé de touristes à cette époque de l’année mais, à l’instar de six autres villages avoisinants, il a été évacué ce mercredi en raison des incendies qui se rapprochent dangereusement. Ce jeudi matin, 170 pompiers et l’armée luttaient encore contre les flammes, avec l’appui logistique d’hélicoptères et d’avions bombardiers transportant de l’eau.


►►► À lire : Incendies dans le Péloponnèse, "La catastrophe est immense"


Partout, la préservation de la population et de la forêt guide les hommes du feu mais le site d’Olympie a ceci de particulier qu’il est constitutif de l’histoire de Grèce et des Jeux Olympiques et, partant de l’histoire européenne voire mondiale. Il est d’ailleurs repris sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Olympie, un "symbole universel de paix"

C’est dans cette plaine de la péninsule du Péloponnèse que se sont joués les premiers Jeux olympiques de l’Antiquité, "faisant d’Olympie un symbole universel de paix et de compétition au service de la vertu. Ici aussi, l’importance a été donnée aux idéaux d’harmonie physique et mentale, de noble concours, de saine rivalité et de Trêve sacrée", selon l’agence des Nations Unies pour la préservation du patrimoine.

C’est là encore que la flamme olympique des Jeux Modernes est allumée, avant d’entamer son parcours vers le stade antique Athènes, quelques mois avant l’incontournable rendez-vous sportif international.

Dans l’Antiquité, les Jeux constituaient la manifestation sportive la plus importante mais seules les cités grecques y participaient. Une trêve était instaurée pour que les athlètes puissent concourir (cf. Trêve sacrée), alors que les guerres entres cités faisaient rage. Les vainqueurs des Jeux antiques étaient considérés comme des héros et devenaient immortels.

Des chefs-d’œuvre de l’antiquité

Cette consécration se produisait sur le site remarquable du Péloponnèse, dédié à Zeus, le père des douze dieux de l’Olympe, depuis le Xe siècle avant J.-C.

Selon l’Unesco, "le sanctuaire de l’Altis -partie consacrée aux dieux- abritait l’une des plus fortes concentrations de chefs-d’œuvre du monde antique. En plus des temples, on y trouve des vestiges de toutes les installations sportives destinées à la célébration des Jeux olympiques à partir de 776 avant J.-C.". Le site comprenait en effet de multiples édifices dont un temple dédié au dieu des dieux, un stade ou une palestre (gymnase), pour ne citer que ces exemples.


►►► À lire : Les villes touristiques se sont vidées en Turquie et en Grèce


Beaucoup de ces chefs-d’œuvre ont disparu comme la statue en or et ivoire du Zeus d’Olympie, probablement réalisée par Phildias vers 438 avant J.-C. Mais d’autres grandes références de l’histoire de l’art, en commençant par les grands bronzes du sanctuaire de l’Altis, le bois sacré de Zeus, ou des sculptures de fronton du temple de Zeus ont survécu.

Un défi pour les pompiers

Déjà à l’époque, les épreuves se déroulaient en juillet, tous les quatre ans. Les Grecs se livraient à la boxe, à la lutte, à la course à pied ou aux sports de combat. Bien qu’inspiré d’un mythe ancien, le marathon ne fera son entrée dans les épreuves qu’en 1896, lors des Jeux Olympiques d’Athènes.

Selon ce mythe, la distance de 42,195 kilomètres du marathon est celle que parcourut Philippidès entre Marathon et Athènes pour aller annoncer la victoire des Grecs sur les Perses lors de la bataille de Marathon en 490 avant J.-C. Et si l’on en croit la légende, Philippidès mourut à son arrivée à Athènes.

Ce n’est pas la première fois que les incendies menacent le site archéologique grec. Ainsi, en 2007, les flammes ont ravagé les environs, et plus largement la péninsule. A l’époque, l’environnement naturel a été rapidement restauré. Avec les températures records qui sévissent en Grèce cet été, les pompiers s’activent pour éviter une répétition du scénario autour du site de l’Ancienne Olympie. Un défi immense que les hommes de feu n’ont pas encore gagné.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK