Grâce à une bactérie, des chercheurs de l'UCL veulent lutter contre l'obésité

Elle s'appelle Akkermansia muciniphila. Patrice Cani, professeur à l’UCL, a travaillé sur cette bactérie pendant 10 ans, en collaboration avec une université néerlandaise. Les chercheurs étaient parvenus à prouver que la bactérie en question réduisait les effets liés à l’obésité et au diabète.   

Aujourd’hui, les chercheurs vont lui trouver une application concrète. Une spin-off (une entreprise créée à partir d'un laboratoire de recherche d'une université) va développer des compléments alimentaires destinés au grand public.

"C'est un peu le rêve de tout chercheur, explique Patrice Cani. On a souvent l'image du chercheur dans sa tour d'ivoire qui ne pense qu'à lui et à ses petites découvertes. Pour moi c'est une chance d'imaginer qu'une recherche fondamentale intéressante au point expérimental pourra être disponible chez l'homme."

Un marché prometteur

L’entreprise s’installera en Région wallonne. Pour la créer 13 millions d’euros ont été levés auprès d’investisseurs convaincus du potentiel des recherches autour de la bactérie.

Si tout se passe bien, des compléments alimentaires pourraient être commercialisés d’ici deux à trois ans. Avant la mise au point d'un médicament ? Selon Patrice Cani, "le but c'est d'avoir un complément suffisamment intéressant pour soutenir les prises en charge nutritionnelles classiques. On espère éviter l'augmentation des facteurs de risques des maladies cardio-vasculaires. Peut-être limiter l'augmentation du cholestérol ou du taux de sucre dans le sang."

Un produit "innovant"

Ces recherches et l’arrivée prochaines de nouveaux produits intéressent les nutritionnistes qui accompagnent les personnes souffrant d’obésité. "C'est quelque chose d'innovant en termes d'approche et de mécanisme", confirme Nathalie Delzenne, professeur de métabolisme et de nutrition à l'UCL. Dans le monde des maladies métaboliques, on est dans l'attente d'innovations avec des preuves que cela fonctionne."

Sachant que le monde compte près de deux milliards de personnes en surpoids et 600 millions d’obèses, les perspectives commerciales des produits créés au départ des recherches de l’UCL sont prometteuses. 

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