Glyphosate: pour la 3ème fois, la justice donne raison à un agriculteur face à Monsanto

Glyphosate: pour la 3e fois, la justice donne raison à un agriculteur face à Monsanto
Glyphosate: pour la 3e fois, la justice donne raison à un agriculteur face à Monsanto - © JEFF PACHOUD - AFP

L'agriculteur Paul François a remporté jeudi à Lyon une nouvelle bataille dans le long combat qu'il mène face à la firme américaine Monsanto, filiale du groupe allemand Bayer, depuis son intoxication en 2004 par un désherbant.

M. François avait déjà obtenu gain de cause en première instance en 2012 et en appel en 2015, mais Monsanto s'était pourvu en cassation avant que l'affaire soit de nouveau examinée devant la cour d'appel le 6 février. Monsanto a cette fois été condamnée sur le fondement de "la responsabilité du fait de produits défectueux", a annoncé la Cour.

Multiples condamnations

Depuis 2018, Monsanto fait face à plusieurs condamnations pour les effets du glyphosate, molécule utilisée dans ses herbicides. En mars, le groupe Bayer a été condamné à verser 81 millions de dollars par la justice californienne, dans son procès face à un agriculteur américain, Edwin Hardeman. La relation de causalité entre le cancer du septuagénaire et l'utilisation du Roundup. En 2018, dans un procès intenté par Dewayne Johnson, un jardinier en phase terminale d'un cancer, le géant agrochimique avait été reconnu coupable de "malveillance" pour en pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide. Monsanto avait été condamné à verser une somme record de 289 millions de dollars en dommages et intérêts, un montant finalement diminué à 78,5 millions de dollars, suite à l'appel de la firme.

Durant ces différents procès, Bayer/Monsanto a toujours tenu la même ligne de défense : le glyphosate est sûr et non cancérogène, arborant les études scientifiques attestant de l'innocuité du produit pour l'humain. Dans une stratégie bien ficelée, la firme américaine a réussi à maintenir une législation favorable pour ses produits, en réussissant à faire paraître des articles coécrits par ses employés, pour contrer les études dénonçant toxicité du glyphosate, entretenant ainsi le flou. Alors que cette molécule est classée "cancérigène probable", contrairement aux agences européennes de sécurité des aliments (EFSA) et des produits chimiques (ECHA), une situation illustrant le lobbying intensif du groupe.

Nouvelle condamnation pour Monsanto (JT 28/03/2019)

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