Gino Russo: "On nous a fait croire que la victime aurait une place dans le milieu judiciaire, mais il y a des rétrogrades"

Gino Russo, le père de Melissa, était l’invité de la Première ce matin. Ce weekend il a posté sur Facebook une vidéo de sa fille, Mélissa, en réponse au débat sur la libération de Marc Dutroux.

"Tout le monde le sait c’est un dossier exceptionnel et je pense qu’il doit avoir un traitement exceptionnel. L’utiliser pour lancer un débat sur le statut des victimes, pourquoi pas, mais l’utiliser pour les conditions d’incarcération, non je pense que ce n’est pas un bon plan", explique-t-il

"C'est du droit extrême, radicalisé"

Bruno Dayez, l’un des avocats de Dutroux, a publié un livre jeudi : "Pourquoi libérer Dutroux ?", lançant le débat sur le milieu carcéral, le sens de la peine et la place des victimes. L’avocat veut utiliser Dutroux comme symbole de son plaidoyer.

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"J’ai lu une partie, mais pas tout car je ne le trouve pas intéressant. L’approche de ce livre et du débat me semble de type religieux, radical. Je pense que c’est du droit extrême, radicalisé."

Un débat qui, selon Gino Russo, fait abstraction des victimes et de leurs parents. "On a fait une lutte pour leur donner des droits. On nous a fait croire que les victimes auraient une place dans le milieu judiciaire, mais apparemment il y a des rétrogrades et des conservateurs."

"Je fais partie de la société"

Bruno Dayez a déclaré que la justice ne peut pas être rendue au nom des victimes mais au nom de la société et que l'on a tendance à faire jouer aux victimes un rôle qui n’est pas le leur, celui d’agent de la répression.

"Je fais partie de la société. Si je suis victime, ça n’exclut pas le fait que je fais partie de la société et ça me donne même une position privilégiée pour pouvoir donner mon avis. C’est un thème de démocratie. On a notre mot à dire plus que les autres", insiste-t-il.

Il faut trouver une solution, mais certainement pas les libérer.

Pour lui, la place de la victime a évolué, mais très peu. "Les avancées sont très maigres, ce n’est pas une victoire."

"Le système judiciaire et le code pénal ont été créé il y a 200 ans. Il n’y a pratiquement rien de changé depuis. L’attitude, la radicalisation du droit que défend Dayez serait applicable dans une dictature. La société a évolué mais on ne laisse toujours pas une plus grande place aux victimes."

Avant d'ajouter: "Si vous voulez qu’on respecte l’Etat de droit, il faut une peine équivalente au crime. Marc Dutroux a été la seule personne, dans ce dossier, a avoir une peine à la hauteur du crime: 30 ans de prison et 10 ans de mise à disposition, ça fait 40 ans. Il faut au moins respecter ça. Si les prisonniers ont des difficultés à assumer leur peine, il faut trouver une solution, mais certainement pas les libérer.

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