Gilets jaunes: où en est la mobilisation un an après les premières manifestations en France?

Manifestation le 17 novembre 2018
2 images
Manifestation le 17 novembre 2018 - © JEAN-PHILIPPE KSIAZEK - AFP

Il y a un an avait lieu la première manifestation des gilets jaunes, une année de mobilisation et de manifestations marquées aussi par des violences policières. C’était à Paris le 17 novembre 2018 : plus de 280 000 personnes (selon les autorités), chasubles fluo sur le dos, répondaient à un appel lancé sur Facebook. Et, chose inédite, en dehors de tout cadre politique ou syndical, ces personnes ont envahi des centaines de ronds-points, symbole de ce qu’on a appelé " la France périurbaine au pouvoir d’achat en berne ". Le même jour, à Paris, certains bloquaient une partie des Champs Élysées, devenus ensuite le lieu de rendez-vous emblématique des samedis de manifestation. Mais depuis son saccage à la mi-mars, la célèbre avenue est désormais interdite aux gilets jaunes.

Depuis le printemps, il faut bien le dire, la mobilisation dans la rue n’a cessé de décroître, pour ne plus réunir que quelques milliers de manifestants lors des derniers week-ends. Parmi eux, Chantal Moreau, gilet jaune de la première heure qui ne désarme pas. Elle revient sur cette mobilisation "Il y a chez nous de tout et j’ai souvent entendu les critiques des bien-pensants qui disent : 'oui, mais ce sont des gueux, des gens de rien, des fainéants ou des Gaulois récalcitrants'. Monsieur Macron refuse la prise en compte du RIC parce qu’on n’est pas comme les Suisses, on n’est pas raisonnable. Il faut arrêter !"

Le RIC, c’est le Référendum d’initiative citoyenne et c’est l’une des revendications principales du mouvement, avec la hausse du pouvoir d’achat. Sur les ronds-points ou via les réseaux sociaux, Chantal Moreau se félicite d’avoir pu ressentir la solidarité des gilets jaunes. Depuis un an, sa mobilisation reste intacte, malgré quelques petits soucis de santé : "Il y a eu 50 semaines, j’ai manqué trois fois : deux parce que j’ai eu une attaque au mois de juillet et une au mois d’août parce que je me suis fait opérer d’un cancer. Je suis là, je n’arrive pas à marcher, je ne peux plus manifester, mais je reste sur place et je suis là. Chaque samedi je suis là, s’il y a une action pacifiste qui se mène, une action à laquelle je peux participer, comme l’ensemble de mes amis qui sont ici".

Beaucoup espèrent un regain à Paris pour le week-end anniversaire et un appel à retourner sur les Champs-Élysées a été lancé sur Facebook. Après un an, quelle sera la mobilisation pour ce mouvement marqué par des violences, tant du côté de la police que des manifestants. Selon les autorités, environ 2 500 manifestants et 1 800 membres des forces de l’ordre ont été blessés, et au total, 24 manifestants auraient été éborgnés par un tir de lanceur de balles de défense, devenues le symbole des violences policières.

"On ne lâchera rien"

Malgré ces violences, Chantal Moreau croit encore à la mobilisation et elle souhaite inscrire le mouvement dans la durée, peut-être sous d’autres formes : "Bien sûr qu’on est fatigué, mais on y croit et on ne lâchera rien. Il ne faut pas croire qu’on nous aura à l’usure. Donc, maintenant, on va s’organiser parce que, si le mouvement doit durer, on va peut-être faire davantage de tours de rôle, de semaines de repos, ce qu’on n’a jamais fait jusqu’à présent. Donc, il va peut-être y avoir des semaines où il y aura moins de personnes parce qu’il faut aussi avoir une vie de famille, parce que tous les samedis sur les ronds-points, ce n’est pas évident, mais la motivation est la même et la détermination est peut-être encore plus forte".

Une détermination intacte, c’est aussi ce que disent les gilets jaunes en Belgique. Comme en France, c’est l’annonce de l’augmentation du prix du diesel qui a mis le feu aux poudres. Quelles sont aujourd’hui les revendications de ces gilets jaunes ? Il y a ceux qui insistent sur la justice sociale et qui réclament une augmentation des pensions et une diminution de la TVA sur les produits de première nécessité. Mais il y a aussi une autre tendance qui insiste sur le besoin de réformer le système politique pour donner plus de pouvoir aux citoyens et favoriser la démocratie directe avec le Référendum d’initiative citoyenne. Pour marquer le premier anniversaire du mouvement en Belgique aussi, plusieurs manifestations sont annoncées, notamment à Namur. Il est difficile d’évaluer à l’avance la mobilisation. Sur la page Facebook du groupe, une centaine de personnes annoncent leur participation.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK