"Le mouvement des gilets jaunes n'a pas besoin des médias professionnels", selon une professeur à l'ULB

Ces dernier jours, certaines scènes de violence ont été observées de la part de gilets jaunes vers des journalistes. Une équipe de la RTBF a notamment été prise à partie. Qu'est-ce que qui explique cette méfiance, voire dans certains cas cette violence, envers les médias ? Tentative de réponse.
 

Les médias donnent une mauvaise image du mouvement. C'est l'un des arguments avancé par certains membres des gilets jaunes. "Tout ce qui est de bon, ce n'est pas ressorti", explique un gilet jaune rencontré ce matin à Wandre. Un autre espère lui que les médias se focaliseront sur ce qui se passe de bien. D'autres encore ne voient simplement pas l'intérêt d'être relayé par les médias traditionnels.

Le mouvement des gilets jaunes n'a pas besoin des médias professionnels

Pour Laura Calabrese, professeur au département des sciences de l’information et de la communication à l’ULB, la méfiance de certains gilets jaunes vis-à-vis des médias peut s'expliquer par trois facteurs. "D'abord, le mouvement des gilets jaunes n'a pas besoin des médias professionnels puisqu'ils ont leurs propres médias à savoir les réseaux sociaux. La deuxième hypothèse c'est qu'ils rangent les journaliste du côté des élites puisque les journalistes feraient partis d'une avant-garde culturelle qui défend des causes progressistes comme par exemple l'écologie. Et la troisième hypothèse, c'est qu'il existe, dans une certaine mesure, une composante d'extrême droite dans ce mouvement qui est traditionnellement anti-médias".

Une méfiance envers les médias qui, selon la professeur, existe depuis très longtemps. Cependant, pour Laura Calabrese, à notre époque, les médias sociaux jouent un rôle important. Selon elle, "ils permettent à de simples citoyens de montrer leur vision des choses, leur cadrage de la réalité ; sans le filtre journalistique. C'est ce que va faire ce mouvement social en particulier. Ils vont se présenter comme de simples citoyens avec leur vérité qui est forcément plus 'vraie' que celle des journalistes puisqu'elle est sans filtre". La spécialiste poursuit en parlant des vidéos postées par certains gilets jaunes. "C'est plus de la communication que de l'information à proprement parler. On mélange les faits avec la communication, c'est-à-dire des éléments de langage qu'on veut faire passer, une certaine image de soi-même donc ce n'est pas à proprement parler ce qu'on entend par information. Il y a un discours très émotionnel".

Regardez le débat des Décodeurs ce dimanche

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK