Génération Quoi: "Une génération pessimiste mais qui prend ses responsabilités"

Johan Tirtiaux, sociologue de la jeunesse et porte-parole de l'enquête "Génération Quoi", réalisée en collaboration avec la RTBF, était ce mardi l'invité de Matin Première. Il est revenu au micro de Bertrand Henne sur les résultats de l'étude.  

Portant sur les 18-34 ans de plusieurs pays européens, les résultats sont, chez nous, bien plus noirs que dans un bon nombre d'autres pays d'une part, mais également que dans la plupart des études déjà parues. "Le monde va de mal en pis, le pessimisme est très présent. Les jeunes ont l’impression que les conditions de vie vont se détériorer au fur et à mesure. Et ils pensent que ce sera pire pour leurs enfants. On n’avait jamais constaté que les bruxellois et les wallons étaient aussi pessimistes", explique Johan Tirtiaux.

L'école, facteur d'inégalité 

Les jeunes sont très critiques vis-à-vis de l'emploi et de l'école. "L'école n'est plus un espace d'égalité? c'est un lieu de compétition. La plupart des jeunes pensent que l'école ne joue pas un grand rôle dans leur emploi futur, et que le mérite n'y joue aucun rôle. Ce sont des chiffres qu'il faut prendre en considération, surtout à l'heure ou nous travaillons sur le pacte pour un enseignement d'excellence", détaille le chercheur.

A une époque où "l'accès à l'emploi est de plus en plus compliqué" et où les jeunes croient de moins en moins en l'école pour les aider à y parvenir, le pessimisme est ambiant. Surtout que, comme l'explique Johan Tirtiaux, les termes qui reviennent le plus dès lors que le thème de la scolarité est abordé sont "seul" et "en souffrance". 

Tout n'est pas noir

"Il n'y a pas que du négatif", rassure Johan Tirtiaux, qui plaisante sur le fait de participer lui-même à ce pessimisme en présentant l'étude. En effet, certains points sont moins ternes. "Devant l'emploi ou la crise économique dans les préoccupations des jeunes, on trouve l'environnement. On leur a demandé de qualifier leur génération, et le premier registre qui est sorti est celui de la "génération du changement". C’est un des grands points, cette génération semble ne pas vouloir remettre les problèmes d'écologie sur la génération suivante", ajoute le chercheur.

"Pour la majorité des interrogés les problèmes viennent de la génération de leurs parents", dit Johan Tirtiaux, qui ajoute: "Avec la COP21 à Paris qui a marqué les esprits de ces jeunes, le message est passé, c'est une génération qui prend ses responsabilités. Ils savent qu'ils ont hérité de modes de vie, ceux de leurs parents, et que ceux-ci ne sont plus viables".

Du jamais vu

L'étude laisse transparaître le portrait d'une "génération révoltée, dont près 90% n'a pas confiance en la politique. C'est du jamais vu. On ne pensait pas que c’était à ce point. La jeunesse a là-aussi envoyé un message", développe l'interviewé. 

Autre fait intéressant que pointe le chercheur au micro de Betrand Henne, le fait que 75% des jeunes pensent que les politiques ont encore du pouvoir: "Le message, c’est que faites-vous de ce pouvoir? Quand il y a des prises de positions fortes comme celles de Magnette sur le CETA, on a vu de la fierté dans cette génération".

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