Gay Pride: 80 000 personnes dans les rues pour l'édition 2013

Gay Pride: édition 2013 toujours aussi colorée mais centrée sur la famille
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Gay Pride: édition 2013 toujours aussi colorée mais centrée sur la famille - © Tous droits réservés

La 18ème édition de la Belgian Pride a attiré samedi quelque 80.000 personnes dans le centre de Bruxelles. Selon Visitbrussels, l'opérateur public du tourisme dans la capitale, associé à l'organisation de la Belgian Pride, 10.000 personnes de plus que l'an dernier ont ainsi ouvert la saison des Gay Pride en Europe, sur le thème de la famille.

Alors que la Belgique fête cette année le 10ème anniversaire du mariage homosexuel et les sept ans de l'ouverture de l'adoption au couple de même sexe, le public a massivement rejoint le cortège de la Belgian Pride qui est parti de la Place de la Bourse à Bruxelles, sur le coup de 14h30.

Peu avant que le cortège bigarré ne s'ébroue, les organisateurs de l'événement ont "libéré" les deux jeunes qui s'étaient volontairement enfermés dans une cage pendant 48 heures afin de protester contre l'homophobie.

Fête colorée et bon enfant, la Belgian Pride est également l'occasion, pour la communauté homosexuelle, de faire entendre sa voix et ses revendications.

Cette année, ces revendications concernent la famille : parmi d'autres demandes, la parade revendique d'établir un cadre légal pour les mères porteuses. Cette pratique ne fait l'objet d'aucune loi en Belgique "et c'est dangereux", estime l'association Homoparentalité.

Un couple d'hommes qui souhaite un enfant a peu de chances d'adopter. En sept ans, seuls dix couples homos ont pu adopter un enfant hors de leur cercle familial. Alors certains se tournent vers une mère porteuse qui portera le bébé, par amitié ou contre de l'argent. En Belgique aucune loi n'encadre cette pratique. Benjamin Goes, de l'association Homoparentalité explique dans l'interview à écouter ci-contre comment ce vide juridique crée une situation d'insécurité.

La mère porteuse considérée comme une simple "couveuse pour prématurés"

L'association fait aujourd'hui aux politiques une proposition sur un projet de loi : oui pour la gestation par autrui, pour hétéros et homos, mais pas à l'amiable. La donneuse, comme ils l'appellent, sera une inconnue, pas une proche. Et l'embryon sera formé in vitro et pas au départ d'un ovule de la mère porteuse. Les centres de fertilité actuels se chargeront de la fécondation et de l'accompagnement, après évaluation psychologique du trio.

Ce texte a beau être une revendication officielle de la Gay Pride, il divisera le cortège. Irène Kaufer homo et féministe estime que cela revient à considérer la mère porteuse comme une simple "couveuse pour prématurés". Elle ajoute qu'il y a un lien biologique évident entre la mère porteuse et l'enfant, qui ne peut être nié, même si l'enfant n'a pas les gènes de la mère (écouter son interview ci-contre).

Les questions qui se posent : peut-on mettre sur le même pied don de sperme et don de gestation? Quel équilibrage établir entre les droits de la femme, du couple demandeur et du futur bébé ? Comment clarifier la filiation d'un enfant né d'une femme sans pour autant devenir son fils/sa fille ?

Au parlement, onze propositions de loi ont été déposées jusqu'ici, et aucune n'a abouti, elles aussi éminemment polémiques.

La Macédoine en invitée d'honneur

La Belgian Pride accordera enfin la part belle à la solidarité internationale, avec la Macédoine en invitée d'honneur.

"L'homophobie y est quasi institutionnalisée. Afin de donner à la communauté homosexuelle et transgenre macédonienne l'occasion d'organiser 'sa' Pride, quelques militants macédoniens ouvriront le cortège de la Belgian Pride, en portant le drapeau arc-en-ciel", ont encore indiqué les organisateurs de l'événement.

RTBF
 

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