Gamescom 2019 : les femmes ont pris leur place dans le jeu vidéo

Près d’un joueur de jeu vidéo sur deux est une femme, elles sont donc aujourd’hui très nombreuses derrière leurs manettes. C’est beaucoup moins vrai du côté des développeuses. Pourtant l’industrie du jeu vidéo s’est tout de même adaptée à ce nouveau public, comme on a pu s’en rendre compte à la Gamescom de Cologne, LE rendez-vous annuel du jeu vidéo en Europe.

Sur place, nous découvrons 218.000 m² répartis en dix halls d’exposition remplis de consoles où les visiteurs peuvent tester les nouveautés des plus grands studios. En quatre jours, 400.000 personnes sont attendues, et parmi elles, de nombreuses femmes. D’après les derniers chiffres, 48% des joueurs sont en effet des joueuses.

L’une d’elles, en train de tester un jeu, nous confie : "Évidemment dans les communautés en ligne, il y a beaucoup d’hommes, mais je pense qu’il y a de plus en plus de femmes. J’ai beaucoup de copines qui jouent". Une de ses amies ajoute : "C’est cool de se détendre un peu avec les jeux vidéo après une longue journée de travail".

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Les femmes apprécient autant que les hommes de se détendre devant un bon jeu vidéo © RTBF

La fin des princesses à secourir

Alors ces dernières années, l’image des femmes dans les jeux vidéo a aussi évolué. Longtemps reléguées aux rôles de princesses à protéger ou de personnages à la plastique agréable, les personnages féminins se font aujourd’hui guerrières, meurtrières, ou même grand-mère hackeuse dans le nouveau Watch Dogs Legion chez Ubisoft.

"Si plus de personnages principaux étaient des femmes et qu’elles n’étaient pas réduites à leur apparence physique, ça donnerait une meilleure image des femmes dans les jeux vidéo", explique une autre joueuse dans les allées du salon.

Et c’est le choix du studio finlandais Remedy. Pour la première fois, le personnage principal de leur tout nouveau jeu CONTROL est une femme. Jesse a des proportions normales, est habillée d’un jeans et d’une veste en cuir et peut déplacer des objets avec son esprit grâce à ses pouvoirs télékinétiques. Elle évolue dans une agence secrète envahie par une entité surnaturelle.

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Dans le jeu CONTROL, le personnage principal est une femme © Sarah Heinderyckx

"Le plus important est que ce n’était pas nécessairement une grande décision de notre part, explique le réalisateur du jeu Mikael Kasurinen. On ne s’est pas dit faisons un grand pas en choisissant un héros d’un autre sexe, non. Et personne ne nous a même demandé pourquoi, et je pense que c’est super ! Comme si tout le monde se disait oui, c’est normal aujourd’hui. Et ça, c’est fantastique, j’adore".

Des corps et tenues réalistes

Les Montois de Fishing Cactus ont eux aussi choisi une héroïne pour leur nouveau jeu Nanotale présenté à Cologne en avant-première. Rosaline est une jeune archiviste qui recense les mystères et merveilles d’un monde à l’agonie.

"Moi je la voulais avec les cheveux courts, nous confie la directrice artistique Amandine Flahaut, mais certains de mes collègues voulaient plutôt des cheveux longs. Du coup on a coupé la poire en deux, on lui a mis un chignon. Parce qu’une femme qui court dans la forêt, elle ne peut pas avoir les cheveux qui lui tombent dans la figure, ce n’est pas possible".

Hors de question pour elle d’imaginer une héroïne qui ne serait pas réaliste, notamment dans sa tenue vestimentaire. "Elle a des ceintures qui lui maintiennent correctement son habit, des bourses sur les côtés pour pouvoir mettre ses affaires qui sont accessibles, elle a son livre qui pendouille à côté d’elle pour pouvoir l’utiliser quand elle veut", ajoute la créatrice.

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Amandine Flahaut, directrice artistique de Nanotale © Sarah Heinderyckx

Encore du chemin dans la conception

Du côté des concepteurs de jeux vidéo, les femmes sont encore très peu représentées. En Belgique, elles ne sont que 7% contre 93% d’hommes. En France, elles sont environ deux fois plus nombreuses, mais cette proportion risque bien d’évoluer très prochainement.

Sur le stand des Belges à Cologne, nous rencontrons Iris Delafortry. Cette productrice a travaillé sur Hubris, un jeu de réalité virtuelle avec sa société Cyborn basée à Anvers. Elle nous explique que les femmes sont de plus en plus nombreuses dans les écoles, et que la relève féminine arrive.

"Avant, c’était vraiment des jeux de tir ou des jeux de football, des jeux plus masculins, précise-t-elle. Mais aujourd’hui il y a plus de jeux sur mobile, des applications et jeux sur téléphone, de la réalité virtuelle. Il y a plus de variété dans le contenu et je pense que ça parle à plus de monde. Pas seulement aux femmes, mais simplement à un public plus diversifié".

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Aylin Yaren, joueuse professionnelle de football allemande, fait la promotion de Fifa20 © Sarah Heinderyckx

Même les jeux de basket ou de football proposent enfin de jouer avec des équipes féminines depuis quelques années. C’est d’ailleurs une joueuse professionnelle allemande, Aylin Yaren, qui était présente à Cologne pour la promotion de FIFA2020. Signe d’une véritable évolution des mentalités.

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