Gabrielle, Belge à Londres: "Je ne sais pas ce qu'il va advenir de ma légalité dans le pays"

Gabrielle, Belge à Londres: "Je ne sais pas ce qu'il va advenir de ma légalité dans le pays"
Gabrielle, Belge à Londres: "Je ne sais pas ce qu'il va advenir de ma légalité dans le pays" - © Tous droits réservés

On avait évoqué l’idée de partager une tasse de thé, "parce qu’on est quand même en Angleterre", ce sera finalement un chocolat chaud et un lait d’amande dans un café proche de la station de métro Bond Street, dans le centre de Londres.

Gabrielle a tout de la Londonienne accomplie. A 28 ans, elle occupe un appartement dans le nord de la ville et travaille dans le service marketing d’une entreprise américaine. Vivre là, c’était un rêve depuis longtemps. "En rentrant en Belgique après un stage de six mois ici, je me suis dit que Londres et moi ce n’était pas fini, ça ne faisait que commencer."


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Londres, un choix stratégique

L’aventure commence officiellement en octobre 2017 pour cette jeune fille originaire du Brabant wallon. Un choix de cœur, mais aussi un choix stratégique. Avec un diplôme de baccalauréat, une expatriation semblait la meilleure option pour trouver un poste intéressant dans son secteur. "La structure belge fait qu’on ne peut pas devenir manager sans master. Londres est une plaque marketing très importante où ça bouge très fort", explique Gabrielle.

Ici, tout lui semble possible. "Il y a un flot constant d’annonces et d’opportunités. Je reste à Londres jusqu’au moment où je peux être considérée comme manager et où mon expérience peut être valorisée le jour où je décide de retourner en Belgique, si j’y retourne", glisse-t-elle.

Culture et sentiment de sécurité

Car désormais, la vie de Gabrielle se conjugue avec la ville de Londres. Celle qui se décrit comme "carriériste" aime se balader dans les rues et découvrir de nouveaux quartiers. Sans compter qu’ici l’offre culturelle est importante et que la plupart des musées sont gratuits. Et, ce qui ne gâche rien, Londres lui donne cette impression de sécurité qu’elle ne retrouve pas ailleurs. "Je n’ai aucun problème de rentrer à pied seule chez moi à quatre heures du matin."

Il n’empêche, son cœur reste accroché à la Belgique. Brexit ou pas, "je vais rester Européenne fondamentalement", affirme-t-elle. Et de préciser au passage qu’il lui arrive de regarder le journal télévisé belge sur Auvio quand elle a envie d’entendre parler français.


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Si les Européens sont assurés de pouvoir rester au Royaume-Uni pendant encore quelques années, un flou subsiste à plus long terme. "Je suis dans une situation où même moi je ne sais pas ce qu’il va advenir de ma légalité dans le pays", se désole Gabrielle. Elle envisage un avenir plus sombre où les Européens seront soumis au même régime que les Américains ou les Canadiens avec un système de visa.

Ça va peut-être nous faire réaliser qu’on a vraiment été dorlotés dans l’Union européenne

Confiante dans l’avenir et réaliste à la fois, la Londonienne l’assure : "Je veux bien tomber sous un système de visa, pas de soucis. Ça va peut-être nous faire réaliser qu’on a vraiment été dorlotés dans l’Union européenne et qu’on est en fait en dehors d’une réalité qui existe à travers le monde." Ce qui l’inquiète, au fond, ce serait de "perdre [ses] droits de consommatrice, avoir une qualité de nourriture qui diminue…"

Mais pas question de s’inquiéter outre mesure. Alors qu’au moment de cette conversation, le 30 janvier, le Royaume-Uni est sur le point d’acter son départ officiel, le sujet n’est pas au cœur des conversations à Londres. "Je n’en ai pas encore parlé cette semaine. Ce n’est même pas un sujet, confirme la jeune Belge. Je crois que demain on va l’évoquer en se disant que ‘ça y est, c’est le Brexit’. En fait, on parle davantage du coronavirus."

Reportage du journal télévisé du 30 janvier 2020: des Belges installés à Londres témoignent