Fumer beaucoup, jeune, hypothèque l'avenir à la première bouffée

Adolescent fumeur en Thaïlande
Adolescent fumeur en Thaïlande - © NARONG SANGNAK (archives EPA)

Fumer beaucoup, à 16 ans, c'est peut-être cool auprès des copains, mais cela provoque des dégâts irréversibles dans le système immunitaire, une perte importante des défenses de l'organisme contre les attaques extérieures.

Selon une étude universitaire, publiée par le Journal "Le Soir", le tabagisme précoce ruine la santé des ados.

L'étude, dirigée par le professeur Alfred Bernard de l'UCL, a été menée sur 845 adolescents de 16 ans, fumeurs et non fumeurs.

Et le constat est sans appel : les jeunes qui fument un paquet de cigarettes par jour détruisent une partie de leurs cellules de défense du poumon.

Au bout d'un an, la concentration de ces cellules a diminué de 61%. La teneur du sang en monoxyde d'azote a également été mesurée. Le monoxyde d'azote c'est le gaz qui assure dans le poumon un bon échange de l'oxygène vers la circulation sanguine, c'est aussi lui qui empêche les vaisseaux de se boucher. Chez les jeunes grands fumeurs, ce monoxyde d'azote diminue aussi, moins 42% en un an.

Le piège, c'est que ces ados ne ressentent rien. Ils ne sont pas essoufflés et jusqu'ici on pensait d'ailleurs que les effets du tabac se déclaraient beaucoup plus tard.

Les recherches montraient des modifications dans le sang après 10 ans de consommation régulière de tabac et des symptômes de bronchite obstructive après 15 ou 20 ans.

L'étude de l'UCL démontre donc que le travail de sape commence bien plus tôt, quasi dès la première cigarette. Les jeunes qui fument beaucoup et tôt resteront sans doute accros à la cigarette car plus on commence jeune à fumer, plus l'assuétude est grande, ce que l'industrie du tabac a compris depuis bien longtemps.

A noter qu'en dessous de 5 cigarettes par jour les effets sur l'immunité sont nuls, ce qui ne signifie pas qu'il n'y aucun risque.

Une autre étude, américaine cette fois, démontrait qu'une seule cigarette provoquait des dégâts à l'ADN, dégâts qui pouvaient entraîner dans certains cas un cancer.

 

Nathalie Servais

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK