La fumée de cigarette, encore dangereuse des années plus tard

Fumée de cigarette, dangereuse des années plus tard
Fumée de cigarette, dangereuse des années plus tard - © Jonas Hamers

On l’appelle la fumée tertiaire : il s’agit en fait des résidus toxiques de la cigarette qui restent sur les cheveux, la peau, les tissus ou d’autres surfaces. Plusieurs études ont analysé cette fumée. Le magazine « 60 millions de consommateurs » s’intéresse à ce sujet dans un article du mois de mai. « On sait par exemple que dans la voiture d’un fumeur, la concentration des particules issues du tabac sur les sièges arrière est dix fois plus élevée que dans celle d’un non-fumeur. » Ces particules pourraient ensuite persister pendant des années, et ce même si l’odeur a disparu.

Une étude réalisée par l’université de Drexel à Philadelphie aux États-Unis montre ainsi que 29% des particules présentes dans une salle de classe (non-fumeur) comportaient des éléments chimiques issus du tabac grâce à leur adhérence à la peau, aux cheveux, aux vêtements, ou en circulant tout simplement via le système d’aération.

LCI a interrogé le porte-parole de la Société francophone de tabacologie. Le professeur Daniel Thomas explique : « Ces particules vont imprégner les tissus et les matériaux et réagir avec leurs constituants chimiques. Il va entre autres y avoir une réaction avec les acides nitreux, un composé chimique dans l’air ambiant qui n’est pas lui-même nocif mais qui, conjugué avec les particules de fumée de cigarette, va former des nitrosamines, des composés cancérigènes que respire à pleins poumons le fumeur actif. »

D’après Hugo Destaillats, chercheur au laboratoire Lawrence Berkeley (Californie) qui a mené étude sur le sujet en 2010, il s’agirait même de l’un des cancérigènes les plus dangereux liés au tabac.

Responsable d’hyperactivité, de dommages importants au foie, aux poumons

Selon une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Californie, à Riverside, aux États-Unis, la fumée tertiaire serait responsable d’hyperactivité, de dommages importants au foie, aux poumons et de difficultés de cicatrisation. Chez les enfants, elle pourrait entraîner des troubles neurologiques sévères.

Le danger est encore plus grand pour les plus petits car les composants nocifs restent au sol, là où les bébés marchent à quatre pattes et puis mettent leurs mains dans la bouche.

Modifications cellulaires susceptibles d’évoluer en cancer

Des études sur les souris la nocivité du tabagisme tertiaire. Le professeur Daniel Thomas de la Société francophone de tabacologie explique : « Elles ont montré des modifications cellulaires susceptibles d’évoluer en cancer… Le problème, c’est que l’on n’a pour l’instant pas d’étude épidémiologique qui permette de dire de façon formelle que les personnes exposées à ces environnements présentent un risque significatif accru de cancer ou de maladie cardiovasculaire ».

On sait par contre que le tabagisme passif lui tue. D’après la revue médicale britannique The Lancet, il serait est responsable de plus de 600.000 décès chaque année dans le monde, dont 165.000 chez des enfants.

Les clés de l info: le paquet de cigarette neutre (17/05/2019)

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