Fukushima: une fuite d'eau radioactive jugée comme "incident grave"

Photo fournie le 19 août 2013 par Tepco montrant de l'eau radioactive s'échappant d'un réservoir
Photo fournie le 19 août 2013 par Tepco montrant de l'eau radioactive s'échappant d'un réservoir - © TEPCO - AFP

L'autorité de régulation nucléaire du Japon a évalué mercredi au "niveau 3" correspondant à un "incident grave" sur l'échelle internationale des événements nucléaires (Ines) une fuite de 300 tonnes d'eau hautement radioactive survenue ces derniers jours à la centrale de Fukushima. Par ailleurs, de nombreux cas de cancer de la thyroïde ont été détectés chez les jeunes de la région.

Ce classement au rang 3 sur l'échelle allant de 0 à 7 correspond au "rejet d'une grande quantité de matière radioactive à l'intérieur de l'installation".

Toutefois, avant de trancher définitivement, l'autorité a décidé durant une réunion mercredi matin de demander son avis sur la pertinence de ce classement à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et de se prononcer une fois la réponse de cette dernière obtenue.

L'accident de Fukushima du 11 mars 2011 reste pour sa part dans son ensemble classé au niveau 7, le plus élevé correspondant à "des effets considérables sur la santé et l'environnement".

Depuis plusieurs jours, un réservoir de stockage d'eau partiellement décontaminée installé sur le site au milieu de centaines d'autres a laissé s'échapper 300 tonnes d'eau radioactive qui s'est répandue sur et dans le sol de la centrale nucléaire.

La radioactivité mesurée à environ 50 cm au-dessus de ces flaques était d'environ 100 millisieverts par heure, selon la compagnie gérante du site Tokyo Electric Power (Tepco).

En une heure, la dose maximale sur cinq ans

Un ouvrier qui serait exposé à ce niveau accumulerait en une heure la dose maximale autorisée en cinq années actuellement au Japon pour les travailleurs du secteur nucléaire.

L'eau avait été découverte lundi vers 09H50 (00H50 GMT). Tepco est parvenu mardi à localiser précisément le réservoir qui fuit. Il restait environ 670 tonnes dans cette citerne, une quantité que la compagnie a commencé de pomper pour la transvaser dans un autre réservoir sain.

Tepco tente aussi de récupérer l'eau répandue au sol et qui s'y est en partie infiltrée.

Un litre de cette eau contient environ 80 millions de becquerels de strontium et autres éléments radioactifs dégageant des rayons bêta.

Cette fuite est un incident supplémentaire dans la longue série des problèmes de gestion de l'eau contaminée issue en grande partie de l'arrosage des réacteurs saccagés, moyen de refroidissement indispensable pour éviter un réchauffement du combustible fondu.

Des cas de cancer

Par ailleurs, de nombreux cas de cancer de la thyroïde ont été diagnostiqués chez des jeunes de la préfecture où est située la centrale atomique de Fukushima. Le nombre de cancers avérés s'établit à 18, soit six de plus que lors du précédent bilan en juin, rapporte mercredi l'agence Kyodo, en citant des responsables du gouvernement. Le nombre de cas suspects est quant à lui passé de 15 à 25.

Selon le professeur à la Fukushima Medical University, Shinichi Suzuki, "il est cependant prématuré d'établir un lien avec la catastrophe nucléaire". Il serait encore trop tôt pour que ces cancers soient déjà apparus, un peu plus de deux ans après la catastrophe. Il est estimé qu'il faut de 3 à 5 ans pour qu'on puisse établir un lien de cause à effet.

En mars 2011, un séisme et un tsunami avaient bloqué les systèmes de refroidissement de la centrale de Fukushima-Daiichi, provoquant la fusion du combustible dans trois des six réacteurs du site et une catastrophe nucléaire. Plus de 150 000 habitants avaient été forcés de quitter leur domicile en raison des risques de contamination radioactive.


AFP

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