Fukushima: "Situation d'urgence" selon l'autorité nucléaire japonaise

Cette eau contaminée a atteint une barrière en sous-sol et est en train de monter vers la surface. L'eau dépasse les limites légales de radioactivité, a déclaré Shinji Kinjo, responsable d'un groupe de travail à l'Autorité de régulation nucléaire (NRA).

Les contre-mesures prévues par l'opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power (Tepco), ne sont qu'une solution temporaire, estime-t-il. Et toujours selon ce responsable, Tepco ne se rend pas compte que l'heure est grave. "C'est pourquoi nous ne pouvons tout simplement pas laisser cela à Tepco tout seul", a déclaré Shinji Kinjo. "Actuellement, nous sommes en situation d'urgence".

Tepco a été très critiqué pour son manque de préparation à la catastrophe de 2011 et sa mauvaise réponse à la fusion des réacteurs.

On ne sait pas pour l'instant avec certitude l'ampleur de la menace posée par l'eau souterraine contaminée.

Dans les premières semaines après la catastrophe, le gouvernement japonais avait autorisé Tepco à déverser en urgence des milliers de tonnes d'eau contaminée dans le Pacifique. Mais la diffusion de ces eaux toxiques a été très critiquée dans les pays voisins ainsi que, notamment, par les pêcheurs japonais. Depuis, la compagnie d'électricité a promis qu'elle ne déverserait pas d'eau irradiée sans le consentement des localités voisines.

"Jusqu'à ce que nous connaissions la densité exacte le volume de l'eau qui s'échappe, je ne peux pas honnêtement spéculer sur les conséquences pour la mer", a déclaré Mitsuo Uematsu, d'un centre spécialisé de l'université de Tokyo. 

Aux Etats-Unis non plus, on ne donne pas l'impression d'être alarmiste, compte tenu de l'effet de dilution à des milliers de kilomètres.

Première estimation des fuites dans l'océan

L'opérateur de la centrale nucléaire japonaise Fukushima a communiqué la première estimation publique des fuites radioactives dans l'océan Pacifique depuis la catastrophe du 11 mars 2011, a indiqué dimanche un porte-parole de la centrale accidentée.

Entre 20 et 40 mille milliards de becquerels ont fui dans les eaux de l'océan de mai 2011, soit deux mois après la catastrophe, à juillet 2013, estime Tokyo Electric Power Co (TEPCO).

C'est la première fois que Tepco publie ses estimations depuis le séisme du 11 mars 2011, qui avait provoqué un gigantesque tsunami, cause d'une panne géante au sein de la centrale de Fukushima, accident nucléaire le plus grave depuis Tchernobyl, 25 ans auparavant. La compagnie Tokyo Electric Power (TEPCO) a avoué fin juillet que de l'eau souterraine pleine de tritium, strontium, césium et autres éléments radioactifs ne stagnait pas sous terre, comme prétendu pendant des semaines, mais allait jusqu'à l'océan.

Tepco fait l'objet de critiques récurrentes pour sa façon jugée malhonnête d'informer le public. Les pépins sont quotidiens à la centrale Fukushima Daiichi mise en péril par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 dans le nord-est de l'archipel. Quelque 3000 techniciens et ouvriers s'escriment sur le site pour préparer son démantèlement mais sont en permanence confrontés à de nombreuses avaries dans des lieux inaccessibles à cause de la radioactivité.

Avec agences

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