Fukushima: peu probable de manger du poisson radioactif en Belgique

Pas de sushi radioactif à Bruxelles
Pas de sushi radioactif à Bruxelles - © Mike Tex (Flickr)

L'eau de mer devant la centrale de Fukushima présente désormais un taux d'iode radioactif "1150 fois supérieur à la normale". Existe-t-il dès lors un risque de trouver dans nos assiettes du poisson japonais contaminé ? Aucun, a priori.

Un peu moins de 9500 kilomètres séparent à vol d'oiseau Tokyo et notre Côte belge. Une distance énorme pour la plupart des vertébrés aquatiques. Peu de chances donc de pêcher du saumon japonais à Ostende. "Impossible, peut-être pas ... mais ça me semble peu probable", glisse un représentant de l'Union Rurale qui regroupe notamment l'Union Professionnelle des Pisciculteurs de Belgique. 

D'anciennes études font état de migrations à longue distance d'espèces entre l'Amérique et le vieux continent. Mais rien à ce jour ne semble nous permettre d'affirmer qu'un poisson est capable ou non de venir jusqu'à chez nous depuis le Japon.

Du côté de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, l'éventualité de pêcher chez nous du poisson contaminé n'a même pas été abordée. "Ça n'a pas été prévu à première vue tant l'éventualité nous semble faible", nous confie Pierre Cassart, porte-parole de l'AFSCA. 

Mais si tel était le cas, "ça ne servirait à rien de paniquer". Des tests de radioactivité existent déjà actuellement, en dehors de la situation actuelle causée par la catastrophe au Japon. Ainsi, selon le porte-parole de l'AFSCA, "149 tests de radioactivité ont été effectués l'année dernière chez nous, tant dans des abattoirs que dans des viviers, etc.".

Des échantillons testés par l'AFSCA

C'est plutôt au niveau du contrôle des importations que l'Agence concentre ses forces. Dès ce lundi, les produits alimentaires en provenance du Japon sont soumis à des tests. 

Les produits issus des zones les plus affectées par la catastrophe seront systématiquement testés avant leur départ du Japon. Une fois sur le territoire belge, "un plan d'échantillonnage est prévu", explique Pierre Cassart. Un dixième de ces produits seront choisis au hasard pour suivre une batterie de tests d'analyses de risques selon un communiqué de l'Agence

Et pous les produits issus des zones moins touchées, les risques de 20% d'entre eux seront évalués à leur arrivée en Belgique. "Un chiffre susceptible de changer à tout moment si on trouve un taux important dans nos analyses". 

La Belgique fera confiance à la vigilance de ses voisins pour les produits japonais qui arriveraient chez eux avant d'arriver chez nous.

L'Europe se veut aussi rassurante. Les importations d'aliments du Japon restent marginales, explique la Commission européenne. Elle avance des chiffres de 187 millions d'euros en 2010 pour les produits agricoles et de 18 millions pour les poissons.

Le poisson cru ? "Il vient de la Méditerranée"

Un constat que l'on partage dans le secteur de la restauration. Un chef d'un restaurant japonais à Bruxelles nous confie que les produits tels le riz viennent principalement des Etats-Unis, de Corée ou encore de Thaïlande. "Et le poisson cru est pêché dans la Mer Méditerranée", explique-t-il. "Seule un poignée de produits viennent du Japon, quelques boissons notamment". Les boissons seraient en effet les principaux aliments importés du Japon. Des aliments qui seront contrôlés dès leur arrivée au Port d'Anvers. 

Bref, pas de raisons pour les clients de laisser tomber les baguettes ou d'éviter sushis, beignets et autres poulet teriyaki.

Allez, Itadakimasu !

A. de Callataÿ

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