Fukushima: le désastre nucléaire est plus grave qu'avoué au départ

Une équipe de l'AIEA inspecte un réacteur
Une équipe de l'AIEA inspecte un réacteur - © AFP

Le gouvernement japonais admet des critiques sur sa gestion de la crise nucléaire et sur l'organisation du secteur nucléaire au pays du Soleil Levant dans un rapport remis à l'AIEA, l'Agence Internationale de l'Energie Atomique.

Le Japon reconnaît officiellement que les conséquences de la catastrophe nucléaire et la situation actuelle à Fukushima étaient et restent plus grave qu'annoncées jusqu'ici.

La catastrophe de Fukushima a révélé une accumulation d'erreurs, d'omissions, de contrevérités et, parfois, de mensonges purs et simples. Elle a mis au jour, une fois de plus, l'évidente confusion d'intérêts, déjà pointée par beaucoup d'observateurs, entre le gouvernement, l'agence de contrôle nucléaire (pas indépendante du tout), et les sociétés exploitantes, dont Tepco, qui avait déjà souvent menti par le passé. Elle a enfin montré la faillite japonaise dans ses prévisions et précautions vis-à-vis du danger des tremblements de terre et des tsunamis pour les centrales nucléaires.

 

Tokyo ne pouvait plus se dérober à une autocritique

 

 Le Japon va donc réformer son secteur nucléaire, une nouvelle autorité de contrôle indépendante sera créée.

Le japon a installé aujourd'hui une Commission d'experts, qualifiée de "tout à fait indépendante" et dotée de larges pouvoirs d'investigation. Elle est chargée de faire toute la lumière sur la catastrophe.

En attendant, les autorités japonaises confirment déjà que les coeurs des réacteurs 1, 2 et 3 pourraient avoir fondu et percé leurs cuves. Des niveaux d'irradiation énormes sont relevés pour le moment près du réacteur numéro 1. 

Tokyo multiplie par deux l'estimation passée de la radioactivité relâchée.

Tepco maintient le calendrier de refroidissement définitif des réacteurs pour janvier prochain 2012, une estimation que beaucoup d'experts jugent hasardeuse. 

On a dépassé les 100.000 tonnes d'eau radioactive accumulée sous les réacteurs, dont le traitement n'a toujours pas trouvé de solution satisfaisante.

 

Marc Molitor

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