Fuite de pétrole en mer du Nord: deux fuites pour le même oléoduc

La fuite de pétrole "est réduite à deux barils par jour et nous travaillons sans relâche pour l'éliminer", a assuré Glen Cayley, directeur technique des activités d'exploration-production du groupe pétrolier en Europe, au micro de BBC Radio 4. 

Cependant, cet écoulement résiduel est difficile à stopper, a-t-il expliqué. 

Glen Cayley a déclaré, selon un communiqué du groupe, que le pétrole s'échappait à deux endroits du même oléoduc, et que si l'écoulement principal a pu être contenu dès jeudi, le deuxième point d'épanchement, de petite taille, s'avère plus difficile à atteindre et à colmater, en raison de sa position et de l'importante végétation sous-marine qui l'entoure. 

L'arrêt de cette fuite résiduelle est un "défi", a-t-il dit à des journalistes. Par ailleurs, Glen Cayley a assuré que la nappe de pétrole flottant à la surface de la mer du Nord, qui avait atteint jusqu'à 30 km de longueur, s'était nettement réduite, et que son volume ne représentait que deux barils de brut. 

Et il a répété, comme le groupe n'a cessé de le faire depuis la semaine dernière, que le pétrole devrait se disperser sous l'action des vagues, sans atteindre les côtes écossaises. 

216 tonnes de pétrole brut en mer du Nord

Cette fuite de pétrole, apparue sur un oléoduc reliant la plateforme pétrolière Gannet Alpha exploitée par le groupe au large de la côte orientale de l'Ecosse, a fait s'écouler environ 216 tonnes de pétrole brut dans la mer du Nord, selon Shell, soit l'équivalent de 1300 barils d'or noir. 

Cette fuite représente d'ores et déjà, selon les autorités, le plus important écoulement de pétrole enregistré dans les eaux britanniques depuis une décennie, la quantité de brut écoulée dépassant le cumul annuel des fuites enregistrées ces dix dernières années. 

Un incident sans aucune mesure avec le Golfe du Mexique

L'incident a été qualifié "d'important" à l'échelle des installations pétrolières britanniques par les autorités, même s'il est sans aucune mesure avec la marée noire liée à une plateforme exploitée par BP qui a frappé l'an dernier le golfe du Mexique. 

Enfin, Shell a répondu aux critiques d'organisations de défense de l'environnement, comme Greenpeace et la Société britannique de protection des oiseaux (RSPB), qui l'ont accusé de manquer de transparence, et d'avoir tardé à déclarer cet incident.

Glen Cayley a assuré que sa compagnie avait prévenu les autorités britanniques dès que la fuite de pétrole avait été détectée, c'est-à-dire mercredi dernier, mais qu'elle avait attendu vendredi avant de communiquer publiquement sur l'incident, le temps de mieux comprendre la situation. 

Cette fuite intervient alors que Shell se retrouve déjà sur la sellette en matière d'environnement, l'ONU ayant mis le géant pétrolier en cause ce mois-ci dans la vaste pollution pétrolière qui souille depuis des décennies le sud du Nigeria. 

AFP
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