Frappes d'astéroïdes: une menace réelle? Des rock stars se mobilisent

Un astéroïde potentiellement destructeur pour notre planète la frappe tous les dix millions d'années.
Un astéroïde potentiellement destructeur pour notre planète la frappe tous les dix millions d'années. - © DON DAVIS - BELGAIMAGE

Des astronautes, des scientifiques... et des rock stars joignent leurs forces pour combattre la menace d'un impact d'astéroïde sur la Terre. Une Journée de Sensibilisation de l'Astéroïde et un grand concert live devraient prochainement être planifiés.

Les préparatifs de l'Asteroid Awareness Day (traduisez "Journée de Sensibilisation de l'Astéroïde") seront dévoilés en même temps qu'une déclaration signée par plusieurs personnalités qui appellent les gouvernements, les entreprises privées et les philanthropes à soutenir les technologies qui permettent de repérer et de pister les cailloux spatiaux susceptibles d'un jour frapper la Terre.

L'astronome Lord Rees, l'astronaute Ed Lu et plusieurs rock stars parmi lesquelles Brian May du groupe Queen demandent ainsi à ce que les programmes de recherche d'astéroïdes soient accélérés et à ce que cet Asteroid Awareness Day soit adopté. Ils espèrent ainsi lever des fonds pour lutter contre cette menace réelle.

"Nous sommes bien plus en danger que nous le pensions précédemment, explique Brian May au journal britannique The Guardian. En fait, on pourrait peut-être dire que nous vivons en sursis, car, sur l'estimation d'un million ou plus d'astéroïdes qui pourraient potentiellement frapper notre planète et qui sont suffisamment grand pour la détruire, nous n'en connaissons que 10 000, soit environ 1%."

"Le temps est compté"

"Nous devons à un moment ou à un autre résoudre ce problème, juge quant à lui Ed Lu. Le temps est compté, et nous ne savons pas combien de temps nous avons. Nous ne savons pas quand cet impact majeur aura lieu."

La journée de sensibilisation - qui pourrait prendre une forme comparable à celle du Live Aid - serait fixée le 30 juin, date qui coïncide avec la chute de l'astéroïde de la Toungouska, en Sibérie, entraînant en 1908 une gigantesque explosion à 5 à 10 kilomètres d'altitude qui coucha quelque 2000 kilomètres carrés de conifères. Il s'agit du plus gros impact connu de l'histoire humaine.

Cet objet céleste ne devait faire que 80 mètres de diamètre, mais aurait pu détruire le Londres d'aujourd'hui. Un astéroïde d'importance, de plusieurs kilomètres, frappe la Terre tous les dix millions d'années, une collision qui causerait la destruction de notre civilisation.

Quelles solutions en cas de menace ?

Plusieurs télescopes sont destinés à se joindre à la lutte contre ces dangereux astéroïdes, parmi lesquels le futur "Large Synoptic Survey Telescope" au Chili dont la construction devrait se terminer en 2015.

Si on venait à découvrir une menace parmi ces énormes rochers qui parcourent notre galaxie, plusieurs options sont proposées par les scientifiques. L'une d'entre elle est le tir d'un énorme engin spatial dans le corps céleste pour le dévier de sa trajectoire. Une autre solution le "tracteur gravitationnel" : une navette spatiale utiliserait ainsi un champ gravitationnel pour modifier le trajet de l'astéroïde.

"Si nous pouvions prédire une future collision d'ampleur suffisamment à l'avance, il serait possible de donner un petit coup de pouce à l'astéroïde qui serait suffisant pour changer sa trajectoire de sorte qu'il rate la Terre", commente Brian May.

Oubliez "l'approche Bruce Willis"

La récente mission Rosetta a d'ailleurs donné beaucoup d'informations sur la manière d'aborder ce genre d'objet spatial. Mais peut-être pas de quoi permettre à des astronautes à se la jouer "Armageddon" à l'avenir.

"Si vous voulez privilégier l'approche 'Bruce Willis', la mission Rosetta est une grosse piqûre de rappel, indique Gareth Collins, spécialiste des astéroïdes à l'Imperial College de Londres. Rien que l'atterrissage sur une comète était une réussite incroyable, mais, le faire avec des astronautes, du matériel de forage et des armes nucléaires, c'est de la fantaisie pure."

T.M. (@thomasmignon) avec The Guardian

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