France: un ami de Théo aurait lui aussi été violenté par le même policier

France: un ami de Théo aurait lui aussi été violenté par le même policier
France: un ami de Théo aurait lui aussi été violenté par le même policier - © PATRICK KOVARIK - AFP

L'affaire Théo a profondément marqué la société française. La rue s'est embrasée à plusieurs reprises sur la petite couronne parisienne depuis la violente interpellation de Théo par quatre policiers à Aulnay-sous-Bois. Aujourd'hui, c'est le Nouvel Obs qui le relaie, les voix semblent se délier et le modus operandi des policiers ne serait apparemment pas une première

Mohamed K., un jeune livreur de 22 ans et habitant de la cité des Roses témoignait ce mardi et expliquait qu'il avait lui aussi été victime d'une interpellation très violente. Le site de l'hebdomadaire français rapporte les propos du jeune homme qui explique qu'il se rendait à la boulangerie et qu'il a aperçu "un petit de la cité courir, avec derrière lui un homme de grande taille, vêtu d’un manteau à capuche avec de la fourrure". "Il a fait une balayette au petit à cinq mètres de moi, je suis intervenu, j’ai demandé ce qui passait", raconte Mohamed qui précise que l’homme a ensuite relevé sa capuche et indiqué qu’il était policier.

Après que le jeune a été emmené par le policier, Mohamed a repris sa route vers la boulangerie et se souvient:  "je vois sur mon chemin deux policiers, dont l’homme à la capuche. Ils me disent 'viens là, toi aussi on va te fouiller'. J’ai répondu que je voulais juste aller acheter ma baguette et rentrer chez moi, mais ils ont insisté".

Des voisins impuissants et effrayés

C'est alors que le calvaire a commencé pour le jeune homme. 

On le connaît dans le quartier, c’est le même que celui qui a pénétré Théo avec sa matraque, tout le monde l’appelle 'Barbe Rousse'

"Croches-pattes", coups de pied et coups de poings, insultes se succèdent lorsqu'il est poussé à l'intérieur d'un hall d'immeuble. Là, il reconnaît le "petit jeune arrêté juste avant moi, qu’ils sont en train de déshabiller".

"Ils me frappent, coups de pied, coups de poing au visage, dans le ventre, dans le dos, je saigne parce qu’ils m’ouvrent le crâne, je leur dis que je suis essoufflé, ils me traitent de 'sale noir', de 'salope', ils me crachent dessus.""'Barbe Rousse' me cogne avec sa matraque. Un des policiers me braque à bout portant avec son Taser, et me dit 'laisse-toi faire ou je te tase'", développe Mohamed. 

Menotté, sa tête est écrasée au sol et il voit son sang s'écouler de son crâne. Des voisins ouvrent leur porte alertés par le bruit mais la referme aussitôt, effrayés par la scène.

Commissariat, hôpital, commissariat, omerta

Arrivé au poste de police, le jeune homme se plaint de difficultés respiratoires et de douleurs. Transféré à l'hôpital Jean-Verdier de Bondy, Mohamed se rappelle: "On me fait un bain de bouche, on m’essuie le sang, on me donne un Doliprane. Je supplie de ne pas retourner en garde à vue, une infirmière me soutient. Le médecin se tait et me dit seulement : 'Je t’ai mis cinq jours d’ITT (interruption temporaire de travail), tu retournes au commissariat.'"

Après 24 heures de garde-à-vue, il est finalement relâché. Il explique qu'il ne voyait rien à cause de son visage gonflé et que sa famille n'était même pas au courant. Lorsqu'elle a appris la nouvelle, la police lui a répondu que Mohamed n'allait pas tarder à sortir sans donner plus de précisions.

Plainte contre plainte, l'IGPN sur le coup

Une plainte a été déposée par les policiers à l'encontre de Mohamed, qui ne réfute pas le fait de s'être débattu. De l'autre côté, Mohamed a également porté plainte et sera défendu par Eric Dupond-Moretti qui s'occupe également du cas de Théo.

Le Nouvel Obs précise également qu'après la parution de l'article, la préfecture de police a annoncé avoir saisi l'IGPN (l'Inspection générale de la police nationale), dans le but d'ouvrir une enquête. L'affaire est remontée jusqu'au ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux, qui a pour sa part fait savoir qu'il avait saisi la police des polices pour tenter de faire la lumière sur cette affaire.

 

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