France: les apiculteurs toujours mobilisés contre les pesticides

Des apiculteurs manifestent à Bordeaux pour demander l'interdiction de certains pesticides, le 27 mars 2013
Des apiculteurs manifestent à Bordeaux pour demander l'interdiction de certains pesticides, le 27 mars 2013 - © Nicolas Tucat

Les apiculteurs affiliés à l'Union nationale des apiculteurs français (Unaf) se sont mobilisés mercredi dans plusieurs régions de France pour demander au ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, d'interdire certains pesticides, indépendamment d'une future décision de la Commission européenne à ce sujet.

Des requêtes dans ce sens ont été déposées dans plusieurs préfectures de région (Ile-de-France, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Auvergne, Bretagne, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes).

La Commission européenne a proposé cette année d'interdire pour quatre grandes cultures (le maïs, le colza, le tournesol et le coton) trois molécules, appelées néonicotinoïdes, utilisées dans des pesticides accusés de contribuer à la forte mortalité des abeilles enregistrées ces dernières années.

Un récent vote à Bruxelles n'a pas permis de dégager une majorité qualifiée dans ce sens, mais une nouvelle consultation devrait avoir lieu.

"La situation est catastrophique", a estimé mercredi Henri Clément, porte-parole de l'Unaf, en rappelant que le taux de mortalité des abeilles était passé de 5% dans les années 90 à 30% aujourd'hui et que la production nationale de miel avait été divisée par deux pour tomber à 16 000 tonnes.

Interdire sans attendre l'Europe

"Nous demandons à M. Le Foll d'interdire ces pesticides en France et de continuer à tenter de convaincre d'autres pays européens de la nécessité de cette mesure", a ajouté M. Clément, lors d'une rencontre avec des parlementaires réunis pour le lancement d'un "comité de soutien pour les alternatives aux pesticides".

Ce comité, qui rassemble notamment le député EELV Denis Baupin et les sénatrices Chantal Jouanno (UDI), Brigitte Alain (EELV), Laurence Rossignol (PS) et Sophie Primas (UMP) a pour but d'oeuvrer "pour passer de la prise de conscience aux actes", alors que le plan Ecophyto lancé en 2008 n'a pas permis de réduire l'utilisation des pesticides.

Devant la préfecture à Toulouse, Christian Pech, apiculteur en Haute-Garonne, a estimé que cela ne servait "à rien de financer le développement de l'apiculture si en même temps, on continue à utiliser des insecticides systémiques qui anéantissent les colonies".

Stéphane Le Foll a présenté en février un plan national "Abeilles" visant notamment à soutenir l'installation de nouveaux apiculteurs.

Le ministre plaide plutôt pour une interdiction des néonicotinoïdes au niveau européen, afin de ne pas pénaliser les agriculteurs français.


AFP

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