France: la Gay pride fête sa revanche sur les opposants

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé en musique du quartier de Montparnasse (XVe arrondissement) jusqu'à la place de la Bastille, où un concert géant clôturait comme chaque année la journée.

Torse nu, en tutu blanc, kilt ou bas résille, portant des perruques fluos ou des oreilles de lapin, les manifestants ont savouré sous le soleil la loi Taubira autorisant le mariage et l'adoption pour les couples du même sexe, entrée en vigueur le 18 mai.

Après plusieurs mois d'une forte mobilisation des anti-mariage homosexuel, cette "marche des fiertés" avait un goût de revanche pour certains manifestants. "Pendant l'hiver, on a beaucoup entendu les opposants au mariage gay, avec des propos souvent choquants. Le fait qu'on soit là aussi nombreux, c'est une forme de réponse", estime Gaëtan Beucher, étudiant de 22 ans, les épaules couvertes par un drapeau arc-en-ciel.

Le premier mariage homosexuel a été célébré à Montpellier le 29 mai. Le couple, Vincent Autin et Bruno Boileau, participait d'ailleurs à la Gay Pride parisienne. Leur union a depuis été suivie par des dizaines d'autres.

Mais dans la foule qui défile derrière une grande banderole "LGBT, allons au bout de l'égalité", beaucoup estiment que la loi Taubira n'est pas suffisante. "Un certain nombre de nos revendications n'ont pas été satisfaites", souligne le porte-parole de l'Inter-LGBT (Lesbienne, gay, bi et trans), citant la PMA (procréation médicalement assistée), les droits des personnes transsexuelles et la lutte contre les discriminations au quotidien.

A Singapour, le même jour

Des milliers de personnes habillées en rose se sont rassemblées aussi à Singapour pour défendre les droits des homosexuels dans cette ville-Etat où les relations sexuelles entre hommes sont toujours considérées comme un délit par le code pénal. Les organisateurs, qui ont souligné que ce rassemblement annuel n'était pas une manifestation de protestation, mais une démonstration publique de soutien aux homosexuels, bisexuels et transsexuels, ont évalué à 21 000 le nombre des participants.

Il s'agit de la plus importante participation à ce rassemblement annuel en faveur de la cause homosexuelle à Singapour, depuis la première manifestation qui avait rassemblé près de 2 500 personnes en 2009. L'année dernière, 15 000 personnes avaient participé à ce rassemblement, qui compte, outre la banque britannique Barclays, les groupes américains JP Morgan et Google parmi ses sponsors.

Les participants, vêtus de rose, et dont certains avaient été jusqu'à teindre leur barbe dans cette couleur, ou tenaient en laisse des chiens ou chats portant des vêtements roses, se sont rassemblés pendant trois heures dans un parc où se sont produits des musiciens de Singapour. A la tombée de la nuit, ils ont formé un point rose géant en allumant des lampes à diode luminescente.

Les défenseurs des droits des homosexuels demandent l'abolition du paragraphe du code pénal considérant les relations sexuelles entre hommes comme un délit, mais le gouvernement soutient que cette disposition légale, qui remonte au XIXe siècle quand Singapour était une colonie britannique, doit rester en vigueur car la majorité des Singapouriens n'acceptent pas l'homosexualité.

La Cour suprême de Singapour a rejeté en avril une pétition demandant l'abolition de cette disposition.

Belga

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