Amende de 100 euros pour avoir fait l'aumône en France: la SNCF rétropédale

Les faits se sont produits à la gare de Toulouse-Matabiau.
Les faits se sont produits à la gare de Toulouse-Matabiau. - © ERIC CABANIS - AFP

Recevoir une amende parce qu’on vient de donner de l’argent à quelqu’un dans le besoin… en France, c’est possible. Cela s’est en tout cas produit le mercredi 20 novembre dernier en gare de Toulouse-Matabiau, comme le rapportent nos confrères de France 3 Occitanie.

Le jeune homme qui a reçu la contravention se trouvait alors dans le hall de la gare. Une femme l’aborde et lui demande s’il n’a pas quelques pièces pour elle. "Elle a insisté en me montrant, avec quelques mots de français, les lieux de restauration, demandant à manger. Je me suis donc décidé à voir s’il me restait quelques pièces dans mon portefeuille", raconte-t-il.

Il tend alors 70 centimes… et se fait accoster par un agent de la police ferroviaire. Celui-ci lui précise que la mendicité est interdite dans les lieux publics et que son don est passible d’une amende. "C’était tellement stupéfiant que j’ai cru que ce n’était pas sérieux et que j’ai lâché mes 70 centimes dans la main de la femme."

Si cette contravention a été dressée, c’est qu’il y avait une bonne raison

Aussitôt, le policier rédige une contravention d’un montant de 100 euros pour "sollicitation de toute nature". Un document que France 3 a pu consulter et qui affirme que dans ce cas, c’est "le donateur [qui est] à l’origine de la demande".

"Si cette contravention a été dressée, c’est qu’il y avait une bonne raison de le faire, a réagi la SNCF. De toute façon entre la personne verbalisée et le policier, ce sera parole contre parole."

Le jeune homme compte bien contester la contravention. "Je pense qu’il s’agit d’un abus d’autorité. Je n’avais pas encore donné les pièces quand la brigade ferroviaire est intervenue. Le policier m’a demandé de ne pas le faire et j’ai refusé de lui obéir. Il s’est vengé en me verbalisant", conclut-il.

Après un début de polémique, la SNCF a reconnu "une maladresse" un peu plus tard dans la soirée, selon Le Parisien. "Le procès-verbal va être annulé et la SNCF va prendre contact avec le voyageur, assure-t-elle. L'affaire est allée beaucoup trop loin." L'entreprise estime toutefois que les usagers sont très souvent sollicités dans la gare de Toulouse, et qu'elle fait souvent des annonces aux passagers pour ne pas encourager la mendicité.

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