France-Belgique: après le match, qui va nettoyer?

Les Villes mettent en place des dispositifs "nettoyage" dont le coût s'élève parfois à plus de 10.000 euros.
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Les Villes mettent en place des dispositifs "nettoyage" dont le coût s'élève parfois à plus de 10.000 euros. - © Tous droits réservés

Lors de matchs précédents de cette Coupe du Monde, les photos et vidéos montrant des supporters japonais et sénégalais en train de nettoyer leur tribune, ou des footballeurs japonais rangeant eux-mêmes leur vestiaire, ont littéralement fait le tour du globe.

En Belgique aussi, elles ont été largement commentées :

Fanny est femme de ménage dans le Brabant Wallon. Pour elle, ce genre d'acte de civisme semble "exceptionnel" à nos concitoyens car "les gens pensent que les agents d'entretien sont là pour ramasser la merde : notre travail est invisible et pourtant tout le monde le considère comme naturel".

"A la maison, il y a de la bière jusqu'au plafond"

Corentin, jeune trentenaire et grand fan de foot, organise des projections à la maison : "50 personnes à chaque fois et de beaux moments de joie partagée", se réjouit-il.

"Par contre, concernant le nettoyage, cela va du sol jusqu'au plafond à cause des bières qui volent haut avec l'euphorie. On a un coup de main des derniers à partir. Mais, l'essentiel, ce sont mes trois sœurs et moi qui nous en occupons le lendemain." 

Après les matchs des Diables, qui va nettoyer nos déchets?

Chez nous, comment se comportent les supporters ? "Pas comme les Japonais, c'est sûr", explique François Masai, responsable du service propreté à la Ville de Mons. "La plaie, ce sont les gobelets en plastique. Et, en même temps, on ne peut pas les remplacer pour des questions de sécurité. Alors, cela fait des kilos et des kilos d'ordures."

30 agents communaux sont nécessaires pour rendre à la Grand-Place de Mons un visage décent : "Tout le staff est réquisitionné. On n'intervient pas directement après le match, car il y a trop de monde. On arrive à 5 heures du matin et on essaye d'avoir fini vers 8h30, pour le confort des navetteurs et l'ouverture des magasins.

Pour compléter les pelles, brosses et petites balayeuses habituelles, le service propreté utilise des souffleurs à dos qui leur permettent de rassembler les gobelets. "Puis, un aspirateur mécanique tiré par un tracteur agricole vient faire le reste du travail. Et, pour les traces d’urine et autres, une laveuse haute-pression placée sur un camion déverse de l'eau mélangée à un désodorisant bactéricide."

Le surcoût par match, par rapport au nettoyage matinal habituel, est évalué à 3500 euros. "Ce montant comprend le personnel supplémentaire, le matériel, les véhicules et engins ainsi que les frais de mise en décharge des déchets ramassés", détaille François Masai.

Jette: la facture nettoyage s'élève à 12.000 euros 

A Jette, la nouvelle Place du miroir accueille, lors de chaque match, plus de 6000 supporters. "Le collège s'est plié à l'exigence de la police de ne pas utiliser de gobelets réutilisables. Cela nous a obligés à faire appel à un service de nettoyage privé pour se débarrasser des gobelets jetables", explique Bernard Van Huffel, 2e échevin à Jette. "Si l'on va jusqu'en final, le coût total sera de 12.500 euros TVAC."

Autre envergure, autre dispositif. Du côté de Schaerbeek, le F.C. Kosova organise des projections qui rassemble entre 500 et 700 supporters. "Les gens ne font pas très attention malgré les poubelles que l'ont a disposé partout. Mais bon, c'est la fête, on leur pardonne", relativise Afrim Kas, responsable des lieux. "Ce sont les bénévoles du club qui rangent après chaque match, on essaye de faire cela dans la bonne humeur."

Les verres volent au F.C. Kosova lors du Belgique-Brésil.

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