Frais scolaires: "On est très loin de l'école gratuite"

Rien que pour les fournitures scolaires, les parents doivent déjà payer 121 euros en moyenne par an et par enfant en primaire, et 254 euros en secondaire, où cela peut grimper jusqu'à 500 euros.

Léa entre en première secondaire à Bruxelles. Pour la rentrée, sa mère, Béatrice Fraiture, s'apprête à mettre la main au portefeuille. "Au total, dit-elle, ce que je suis déjà sûre de débourser, c'est 450 à 500 euros pour début septembre"Dont 250 euros déjà pour un voyage scolaire, 30 euros pour la location d'un casier, et 200 euros rien que pour des manuels.

"Je suis allée voir chez un bouquiniste, et il ne restait plus tous les livres de la liste donc j'ai quand même dû commander. Et finalement j'ai fait le choix de commander toute la liste", ajoute Béatrice Fraiture.

L'école elle-même ne lui a pas proposé de système de location. "Au secondaire, les écoles ne peuvent pas forcer les parents à acheter des manuels", explique Michaël Verbauwhede, porte parole de la Ligue des Familles. "Ils peuvent demander de les louer mais pas des les acheter. Mais certaines écoles contournent la règle et forcent tout de même les parents à les acheter."

Les photocopies, qui peuvent monter jusqu'à 75 euros, pèsent aussi leur poids dans la facture de rentrée scolaire. Et pour diminuer les dépenses sur les autres postes, comme le matériel divers (bics, cahiers, etc.), la Ligue conseille l'achat groupé entre parents : "L'idée est de se mettre ensemble pour pouvoir faire une grosse commande sur une liste de matériel de cours pour toute l'école, ce qui permettrait de réduire la facture", conseille Michaël Verbauwhede.

"Il y a une liste"

Invité de Matin première, Patrick Binot, directeur général de la Ligue des Familles, estime qu'"on est très loin de l’école gratuite". "Ces coûts peuvent empêcher certains parents de profiter de toutes les facilités de l'école", ajoute-t-il. Des frais qui peuvent s'élever à 250 euros, en secondaire.

Or, rappelle Patrick Binot, "il y a une liste" de frais déterminée par décret. "Nous n’allons pas jusqu’à dire que c’est intentionnel de la part des écoles, mais certains directeurs ignorent la présence de cette liste dans la loi". Interdites par exemple: les photocopies en primaire, ou la carte d’élève…

Autres revendications mises en avant par la Ligue des familles en cette période de pré-rentrée scolaire: décaler les temps de cours pour correspondre au rythme des enfants, une allocation universelle pour les enfants. Par ailleurs, la Ligue critique le rabotage des montants de l'allocation de rentrée scolaire.

Avec Daphné Van Ossel

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