Forum mondial de l'Eau: des sachets-toilettes à usage unique servant d'engrais

Son nom est Peepoo, créé par une entreprise suédoise Peepoople AB sur l'idée d'un architecte. Le principe en soi est très simple et a changé la vie des habitants d'un des plus grands bidonvilles d'Afrique, celui de Kibera à Nairobi, qui l'utilisent depuis un an.

"Avant ils faisaient leurs besoins dans les buissons aux abords des baraques ou bien dans un sac en plastique, qui, lorsqu'il empestait trop l'intérieur des habitations baraques, était jeté dehors", explique Camilla Wirseen, directrice du projet.

Le nouveau sachet blanc et vert en plastique biodégradable est doublé à l'intérieur d'une membrane composée de granules d'urée, un genre d'ammoniaque qui neutralise les bactéries en l'espace d'une à trois semaines. Il est ensuite glissé dans un seau en plastique qui fait office de micro-station d'assainissement privée. A usage unique, fermé par un noeud après utilisation, le Peepoo ne dégage aucune odeur.

Les sachets usagés sont collectés dans des grands sacs à certains endroits du bidonville pour servir ensuite de fertilisants pour l'agriculture.

Le sachet coûte trois centimes d'euros à l'achat et pour chaque sachet qui servira d'engrais, une famille touche un centime. Un réseau de vendeuses locales a été formé et ces femmes ont ensuite lancé des micro-entreprises aujourd'hui prospères.

"Le procédé n'est testé qu'à Kibera pour l'instant mais c'est un énorme succès, les gens sont enchantés, il n'y a plus d'odeurs, on a réduit les risques d'épidémie de diarrhée et les sachets sont proprement éliminés", précise la directrice du projet qui se rend régulièrement sur place.

"Les gens me racontent que le nombre de jeunes enfants qui se font violer parce qu'ils doivent sortir dans les buissons pour faire leurs besoins a reculé", souligne-t-elle.

Les Peepoo sont actuellement produits dans les faubourgs de Nairobi à raison de 3.000 unités par jour. "Mais nous prévoyons de passer à 500.000 pièces par jour dès novembre en les faisant fabriquer en Allemagne et en Suède", note la responsable. La technologie est trop complexe, selon elle, pour envisager une fabrication de masse en Afrique.

Outre les bidonvilles, le sachet-toilette permet également des solutions provisoires pour des sanitaires d'urgence après des catastrophes naturelles. Et des contacts ont déjà été pris avec le Pakistan et le Bangladesh, Haïti et l'Inde.

Peepoople a été l'un des douze projets de proximité sélectionnés parmi plus de 60 dossiers adressés aux concepteurs du réseau Projection. Ce groupe de 250 jeunes professionnels de l'eau et de l'assainissement ont choisi ainsi de faire la promotion de solutions faciles et innovantes capables d'améliorer rapidement et efficacement la vie des gens.

AFP

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