Forest National, Brussels Expo… où se tiendra le procès des attentats du 22 mars?

Le Palais de Justice de Bruxelles, dans sa forme actuelle, ne pourrait accueillir un procès de cette ampleur. Douze inculpés pourraient être renvoyés devant la Cour d'assises. Rien que dans le box, il faudrait déjà placer les douze accusés potentiels et les unités spéciales de sécurité qui les encadrent. Tout simplement impossible…

Près de chaque accusé, il y aura un, deux voire trois avocats. Il y aura aussi des centaines d’avocats pour représenter les 600 parties civiles déjà recensées. À cela s’ajoute un jury doublé ou triplé en raison de la longueur attendue du procès (de six à huit mois). Enfin, il faut aussi compter un public qui voudra suivre les débats. « Il faut une salle qui puisse accueillir au moins un millier de personnes dans la région bruxelloise. » explique Éric Van Duyse, porte-parole du Parquet fédéral.

Où le procès va-t-il se tenir ?

Forest National, Brussels Expo, les anciens bâtiments de l’OTAN : trois pistes de réflexion pour y tenir le procès d’assises des attentats de Bruxelles. À l’heure actuelle, aucune décision n’a encore été prise. Par contre, des renseignements ont été pris sur la disponibilité des salles et la possibilité de les sécuriser. Il ne s’agit que d’hypothèses qui sont ou ont été étudiées par un groupe de travail.

Au Palais de Justice ? Pas sans construire une salle !

Une quatrième hypothèse serait à l’étude. Plutôt que de délocaliser un gros procès, il serait plus simple d’aménager une salle du palais et de délocaliser d’autres plus petits procès. La salle en question mesure 1000m² et se trouve au cœur de l’édifice. Elle est connue comme la salle « des pas perdus ». Dans les couloirs, cette hypothèse est arrivée aux oreilles de l’avocat Xavier Carrette « C’est un concept un peu particulier. On parle d’une cage en verre qu’on installerait dans la salle des pas perdus. Ça peut être une idée intéressante mais ça va définitivement bloquer le Palais de justice. » Une salle qui serait sonorisée, chauffée et surtout sécurisée.

Un procès coûteux peu importe le choix

La location ou la construction d’une salle sera coûteuse. Du côté de Forest National, on parle d’une dizaine de milliers d’euros pour une location d’une journée. Brussels Expo a été contacté par le SPF Justice pour son Auditorium 2000 ou son Palais 10. « Pour ces salles, il faut compter 7000 euros de location la journée. Pour un service d’électricité, de nettoyage, de gardiennage, on est à 14.000 euros. Bien sûr, pour les occupations de longue durée, les tarifs sont dégressifs dès le vingtième jour de location. » explique Geert Maes Directeur général de Brussels Expo.

2 images
Le Palais 10 est fort sollicité: salons et conventions © Tous droits réservés

Le choix de la salle pourrait aussi dépendre de sa disponibilité. Pour Brussels Expo, un procès de plus quatre mois est difficilement voire impossible à organiser. « Nous avons beaucoup de clients fidèles et nous ne pouvons pas refuser au Salon de l’Auto ou à Batibouw de les priver d’un palais ».

Pour Forest National aussi, il faudrait composer avec les demandes de concerts. Pour Me Xavier Carrette, avocat d’un inculpé, une salle de fête aurait une symbolique étrange au vu des liens qui lient les attentats de Paris et de Bruxelles.

Tous ces scénarios sont envisageables. À ce stade, rien n’est tranché, du moins officiellement. Le procès marquera à coup sûr l’histoire judiciaire belge. L’enquête judiciaire entre dans sa dernière phase : celle des ultimes vérifications. Un procès gigantesque donc se profile : peut-être à la fin 2020, peut-être même avant celui de Paris.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK