Flambée des prix des terres agricoles: deux pistes d'amélioration

C’est le blues chez nos agriculteurs. Et plus particulièrement chez nos jeunes agriculteurs. Difficile pour eux d’exercer leur métier quand ils ne peuvent pas compter sur l’exploitation de leurs parents ou de proches. Pour bon nombre d’entre eux, acheter un terrain pour développer leur exploitation est tout simplement devenu inenvisageable. Trop cher. L’accès à la terre est devenu un parcours du combattant. Alors que faire ? Pour Pierre Andre, président de la Fédération des jeunes agriculteurs (et agriculteur lui-même) et Patrick Prévot, député wallon, deux pistes pourraient permettre une sérieuse amélioration de la situation.

La première, c’est la mise en place d’une (réelle) banque foncière agricole. Un peu à l’image de ce qui existe chez nos voisins français sous l’acronyme SAFER : Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural. Un bon moyen pour faire baisser la pression foncière, estime Pierre Andre. L’observatoire du foncier agricole collecte les informations relatives aux ventes de biens immobiliers agricoles, mais pour ce jeune agriculteur et président de la Fédération des jeunes agriculteurs, il faut aller un pas plus loin : "On aimerait une banque foncière où la Région pourrait préempter une terre mise en vente." La Région deviendrait alors propriétaire du terrain ou de l’immobilier agricole, et pourrait le/la revendre à un jeune agriculteur à un prix correct, limitant ainsi la flambée des prix. Même son de cloche du côté du député wallon PS Patrick Prévot "L’Observatoire foncier a été décidé, la banque foncière aussi, mais le problème c’est que cette banque foncière n’a pas de mission spécifique prévue… Nous nous aimerions qu’elle ait ce droit de préemption. C’est le cas sur papier, mais elle ne développe pas ce rôle. On reste sur notre faim".

Le statut d’agriculteur actif

Ce qui inquiète le député wallon, c’est la diminution du nombre d’exploitations, mais que certaines ont de plus en plus terres. Les victimes selon lui, sont les exploitations familiales qui ne se retrouvent plus dans le système. "On doit apporter une réponse politique avec les leviers qui sont les nôtres au niveau de la Région, du Fédéral mais il faut aussi se lever contre les dictas de l’Europe notamment avec la PAC (politique agricole commune) qui défavorise les petites exploitations, qui ne met plus sur la table aucun mécanisme de régulation, etc" précise Patrick Prévot au micro de Soir première

La deuxième piste de solution, ou en tout cas d’amélioration mentionnée par les deux hommes, est celle de la création d’un statut "d’agriculteur actif". "On assiste à un phénomène où beaucoup de propriétaires signalent leurs terres à la PAC pour obtenir des aides, alors qu’ils ne sont pas toujours agriculteurs. Et puis on assiste aussi à un vieillissement des agriculteurs et certains d’entre eux ont alors accès non seulement aux aides PAC mais aussi à leur pension. Alors que 4% des agriculteurs seulement ont moins de 35 ans en Wallonie…" développe Pierre Andre. Pour tenter de limiter ces problèmes, le statut d’agriculteur actif permettrait tant selon Pierre Andre et Patrick Prévot, de rediriger les aides vers ces jeunes agriculteurs qui travaillent leur terre ou qui élèvent leurs bêtes pour en tirer un revenu.

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