Finlande: resto d'un jour pour découvrir la cuisine des autres

Restaurant d'un jour: on mange dans la rue (Ravintolapäivä)
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Restaurant d'un jour: on mange dans la rue (Ravintolapäivä) - © JUSSI HELTTUNEN (AFP)

Sur un trottoir d'Helsinki, une famille finlandaise apprécie un Dahi Bhalla indien dont les saveurs richement épicées réchauffent le corps et ensoleillent l'esprit en ce jour gris de novembre où des particuliers s'improvisent restaurateurs.

C'est Ravintolapäivä, l'opération Restaurant d'un jour: dans la rue ou dans les appartements, ces "tables" éphémères proposent aux curieux de découvrir, à des prix fort raisonnables, le savoir-faire de chefs amateurs et de goûter leur cuisine maison.

Ainsi, Jaakko Latikka et Krista Kujala se délectent-ils avec leurs deux jeunes fils Antti et Lauri du met concocté par Nikhil Salian et Krupesh Kothari. Ayant installé une sorte de desserte dans la rue, ces Indiens venus de Bombay servent leur pâté de lentilles dans des assiettes en plastique.

"C'est bon!" s'exclame l'un des garçons dès la première bouchée en oubliant la température négative qui le rendait grognon.

La troisième édition d'un jour pas comme les autres

Ravintolapäivä en est à sa troisième édition, après deux succès en mai et en août. Pour cette édition hivernale, samedi 19 novembre, l'intérêt a encore grandi.

"Nous avons recensé plus de 300 restaurants dans 40 villes de Finlande et un en Allemagne", se félicite l'une des initiatrices du mouvement, Kirsti Tuominen.

Attachés à une cuisine traditionnellement lourde et plutôt fade, les Finlandais sont visiblement attirés par cette aventure gustative, encouragés par une large variété de menus et par la convivialité de leur présentation.

Ouvrir son chez-soi à de parfaits inconnus semble également plaire à un peuple pourtant connu pour être réservé, voire renfermé.

"Les gens s'enthousiasment à l'idée de partager un repas; c'est une façon de renforcer la communauté et le lien avec les autres", relève un autre cofondateur du mouvement, Olli Sirén.

Un engouement peu en phase avec le sarcasme de l'ex-Président du conseil italien Silvio Berlusconi qui avait déclaré la Finlande incapable d'accueillir le siège de l'agence européenne pour la sécurité alimentaire au motif que les Finlandais n'y connaissent rien en gastronomie.

Chez la fleuriste Heli Simola, quelques clients se serrent autour de deux petites tables dressées en pleine boutique au milieu des fleurs multicolores et odorantes. Depuis les assiettes, s'élève le fumet d'une crêpe à la cannelle nappée d'une sauce au chocolat et citron.

Heli Simola propose aussi des classiques finlandais comme les boulettes de viande accompagnées de gelée d'airelles, ainsi que des paninis italiens, des millefeuilles appelés Napoléon venus de Russie ou du yaourt turc.

"C'est une façon simple de faire de la publicité. Les gens verront la boutique et l'on peut espérer qu'ils reviendront ensuite" acheter des fleurs, explique la commerçante qui ne s'attend pas à gagner de l'argent directement en participant au Ravintolapäivä.

Angry birds pour une sortie en famille

De l'autre côté de la ville, l'odeur du café frais attire le passant au Angry Birds - du nom du fameux jeu inventé en Finlande - qui s'est ouvert pour une journée dans un petit appartement plein de charme où vivent la cheffe d'un jour, Mia Aspegren, et son fils Topi Ylitalo.

A l'abri du froid, cet endroit est particulièrement apprécié des familles avec enfants. Tandis que ceux-ci jouent à Angry Birds dans la chambre-à-coucher, les parents se pressent dans le petit salon où, tout en discutant, ils dégustent épaule contre épaule des mets où l'oeuf, toujours rapport au jeu, est roi: farci, en omelette, en crêpe ou en quesadilla.

"Tous ces gens sont des inconnus. Je suis vraiment très heureuse que cet esprit d'ouverture que nous mettons en avant leur fasse sentir qu'ils peuvent venir et qu'ils sont les bienvenus chez moi", se félicite Mia Aspergren en pliant avec maestria une quesadilla.

AFP

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