Financer des études climato-sceptique: un lobbying qui paye aux Etats-Unis

Les Etats-Unis n'ont pas de législation fédérale pour limiter les gaz à effet de serre
Les Etats-Unis n'ont pas de législation fédérale pour limiter les gaz à effet de serre - © Archive DAVID MCNEW - IMAGEGLOBE

Qui finance les climato-sceptiques? C'est une question que s'est posée un chercheur américain. Car le financement des études climato-sceptiques y est pour le moins opaque. Il a effectué un travail de fourmi pour définir qu'un peu moins d'un milliard de dollars de fonds transitent par des fondations appartenant souvent à de grands industriels, miniers, banquiers ou magnats du pétrole.

Il était communément admis que les études climato-sceptiques étaient financées par les frères Koch, des milliardaires texans ayant fait fortune dans le pétrole. Le chercheur américain Robert Brulle a réalisé un travail de titan pour retracer l'origine réelle des fonds. Il a montré qu'à côté des frères Koch, il y avait de très nombreuses fondations.

François Gemenne, chercheur en sciences politiques à l'ULg, coauteur du livre "Controverses climatiques" précise que "souvent on voit que ce sont des fondations financées par des conservateurs qui sont actives par exemple dans le climato-scepticisme, mais aussi pour lutter contre le droit à l’avortement. Le climato-scepticisme rejoint toute une série d’autres positions politiques, généralement dans la sphère ultra-conservatrice du champ politique".

Lobbying

Ces fondations, qui garantissent l'anonymat des mécènes, font donc, dans l'ombre, un intense travail de lobbying, poursuit François Gemenne : "Ce sont très clairement des intérêts industriels à protéger. Et très clairement, en attaquant la science du climat, ce qu’ils cherchent à attaquer en réalité ce sont les politiques qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre. C’est un travail de lobbying qui a payé, puisque les Etats-Unis sont aujourd’hui le seul pays industrialisé à ne pas avoir de législation fédérale qui limite ses émissions de gaz à effet de serre".

Par ricochet, ces études climato-sceptiques américaines touchent les Européens. Les Etats-Unis n'ont toujours pas ratifié d'accord global sur le climat. C’est un exemple suivi, du coup, par d'autres pays industrialisés.

A.L. avec O. Leherte

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