Fin du monde: quel(s) effet(s) du matraquage médiatique sur les enfants?

Si la plupart des enfants "sont suffisamment réalistes et informés, on ne peut pas exclure qu'une minorité, plus sensible, soit effrayée par cette annonce", explique ce spécialiste qui estime que c'est loin d'être une majorité.

Jean-Yves Hayez a, lui-même, été contacté par les parents d'une petite fille de 9 ans qui depuis quatre - cinq jours ne veut plus dormir toute seule. "Elle veut aller voir ce que ses parents font. Et quand elle parvient à s'endormir, elle se réveille". En d'autres termes, "elle prenait au sérieux cette fin du monde"

Le problème ce n'est pas vraiment ce foisonnement d'informations sur le sujet mais plutôt le mode utilisé. La plupart des médias ont beaucoup joué sur le second degré, dit-il. Un mode de communication qui peut être facilement compris par des adultes mais dont les enfants peuvent "passer à côté" car "les enfants sont parfois emportés par leur imaginaire".

Apprendre à décoder

Si c'est le cas, "il est important de décoder avec l'enfant" et "surtout de ne pas le ridiculiser" car il risque alors de ne pas se sentir compris par l'adulte et de ne plus jamais se confier.

Autrement dit, "si on remarque des embarras nouveaux, des inhibitions nouvelles chez un enfant, sans savoir très bien pourquoi, des signes de gros stress, cela vaut la peine, gentiment, de lui demander ce qu'il se passe". L'écoute est très importante, souligne-t-il. Il faut ensuite "le rassurer avec des mots de bons sens".

Maintenant, "dans cette minorité, il y a une minorité qu'on n'arrivera pas à rassurer", ajoute-t-il. Pour ces enfants, il faudra attendre le 22 décembre pour qu'ils voient que rien n'est arrivé. Pour eux, il conseille d'accepter le lit d'appoint à côté du lit des parents, le temps que l'évènement passe.

Enfin, pour les enfants des parents qui croient en cette fin du monde, "on ne sait rien faire", dit-il, "dans ces familles-là, si ces enfants sont là le 22 décembre, ils diront que c'est pour une fois d'après".

C. Biourge

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