Fin des contrats dormants: 900.000 ménages payent trop pour leur énergie

C’était une des marottes des organisations de défense des consommateurs ainsi que de la CREG, la Commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz : les contrats dormants.

Il s’agit en fait de vieux contrats d’énergie qui ne sont plus proposés par les fournisseurs d’électricité ou de gaz, mais que les consommateurs continuent à payer au prix fort car ils n’ont jamais changé leur formule tarifaire. Ainsi, ce ne sont pas moins de 500.000 ménages qui seraient concernés !

Un premier pas a été franchi hier, en commission Energie de la Chambre des représentants. Les députés se sont accordés sur un texte obligeant les fournisseurs à résilier les anciens contrats qui ne sont plus disponibles sur le marché. Ils devront obligatoirement soumettre aux personnes concernées une offre actualisée.

Près de 1000 € par an d’économie

Du côté de la CREG, on se félicite de ces avancées. Car le régulateur a calculé que les personnes concernées par ces contrats dormants pourraient réaliser des économies substantielles. "Dans le cas de l’électricité, entre le prix le plus élevé d’un contrat dormant et le prix le plus avantageux d’un contrat actuel, la différence peut aller jusqu’à plus de 300 euros", explique Sophie Lenoble, porte-parole de la CREG. "Dans le cas du gaz, la différence est encore beaucoup plus importante puisque l’économie peut dépasser les 700 euros !". Et ces contrats dormants ne s’appliquent pas qu’aux particuliers, des milliers d’entreprises ou d’indépendants payent toujours leur énergie trop cher, faute d’avoir vérifié les offres actuelles. Pourtant, que ce soit sur le site de la CREG ou sur les différents comparateurs de prix, il est possible de dénicher l’offre la plus adaptée à sa consommation. Mais il est vrai que pour obtenir le meilleur devis, mieux vaut se munir de ses relevés de consommation annuels afin de remplir les différents champs proposés. Cela demande un peu de méthode et d’organisation d’autant que ces procédures ne sont disponibles qu’en ligne, ce qui peut en rebuter certains. Notez que les CPAS ou les guichets Energie (en Région Wallonne), peuvent aider les plus réfractaires aux nouvelles technologies.

900.000 ménages payent trop pour leur énergie

Mais au-delà des contrats dormants, phénomène en voie de résolution avec la nouvelle loi prévue pour le premier janvier 2022, la CREG insiste aussi sur le fait que de nombreux ménages payent toujours trop, même avec des contrats récents.

Les offres des fournisseurs d’énergie évoluent sans cesse et les prix fluctuent. Ainsi, il était plus intéressant de conclure un contrat fixe pour le gaz il y a un an qu’un contrat variable actuellement. Le prix de cette énergie ayant augmenté ces derniers mois. Comme le système belge de changement de fournisseur a été simplifié il y a quelques années, il n’est jamais trop tard pour relancer des simulations et demander une modification de contrat ou de fournisseur. Nous nous sommes amusés (façon de parler) à faire l’exercice en ce 12 mai. Pour une famille de 4 personnes chauffant une maison unifamiliale au gaz, soit une consommation de 13.000 kWh par an, les tarifs oscillent entre 565 € et… 1023 €. Près de 500 euros économisés à condition d’accepter certaines conditions comme une domiciliation obligatoire et l’absence de facture papier. A noter qu’il est possible d’obtenir encore de meilleures offres en cas de paiement anticipé de la facture annuelle, case que nous n’avons pas cochée.

Quant à l’électricité, sur base d’une consommation annuelle de 4000 kWh (1800 de jour, 2200 de nuit), les propositions commencent à 807 € pour se clôturer à 1234 €. Et en quelques clics, le changement est fait…

La nouvelle législation va dans le sens d’une meilleure protection des consommateurs, surtout les plus faibles. Mais soyons de bon compte : comme on nous l’indique aussi bien du côté de la CREG que des membres de la commission que nous avons contactés, cette procédure initiée depuis deux ans par les députés a déjà fait réagir plusieurs fournisseurs d’énergie. Il se murmure que les plus sérieux d’entre eux prennent les devants pour se conformer à la loi avant même son entrée en vigueur. Il est grand temps.

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