Filière djihadiste bruxelloise: Jean-Louis Denis se dit "fondamentaliste, pas terroriste"

Jean-Louis Denis comparaît en appel
Jean-Louis Denis comparaît en appel - © JASPER JACOBS - BELGA

Ce jeudi débute devant la cour d'appel de Bruxelles le procès de Jean-Louis Denis. En janvier, ce prédicateur musulman bruxellois avait été condamné à une peine de 10 ans de prison. Deux autres prévenus sont concernés par ce procès. Pour la Justice, Jean-Louis Denis est responsable de plusieurs départs en Syrie.

 "Jamais je n'ai appelé à tuer des innocents", a plaidé l'homme surnommé "le Soumis", même s'il a admis tenir des discours "fondamentalistes". "C'est vrai que j'ai des discours fondamentalistes, que je suis un provocateur, mais je ne suis pas un terroriste. Je n'ai jamais appelé à tuer un seul civil, un seul innocent", a affirmé Jean-Louis Denis à l'ouverture de son procès en appel.

Jean-Louis Denis a pris 10 ans de prison pour avoir dirigé une organisation qualifiée de "terroriste" par la Justice, une condamnation pour avoir recruté et incité des jeunes gens à partir faire le djihad. Parmi eux il y avait des mineurs d'âge.

La magistrate fédérale a requis ce jeudi après-midi 15 ans de prison à son encontre. Elle a aussi contesté l'acquittement de l'épouse du prévenu, soutenant que celle-ci l'avait aidé activement à diffuser ses appels au djihad.

Dirigeant d'une cellule terroriste

Selon le premier jugement, le Bruxellois doit être considéré comme le dirigeant d'une cellule terroriste, à partir de laquelle il a poussé des jeunes à partir en Syrie. Il a aussi propagé des discours incitant à la haine et à la violence.

"J'ai demandé de ne pas adhérer à la démocratie, mais pas de la détruire", a-t-il soutenu jeudi face à des juges perplexes sur le but de ses prêches. A l'époque des faits, soit entre 2008 et 2013, il avait fait le constat que les musulmans n'étaient pas à leur place en Europe, mais sa conclusion était qu'ils devaient émigrer dans un lieu où vivre en conformité avec leur foi, pas commettre des actes de violences, a-t-il explicité.

L'épouse de Jean-Louis Denis comparait également en appel car le ministère public a interjeté appel de son acquittement. La femme a indiqué qu'elle hésitait à demander le divorce, tandis que Jean-Louis Denis l'a défendue, expliquant qu'elle ne le soutenait pas dans ses différentes activités.

Enfin, les juges ont entendu un troisième prévenu, un jeune homme qui a écopé, en première instance, de cinq ans de prison pour avoir pris part en Syrie aux activités d'un groupe terroriste. Celui-ci a déclaré qu'il avait vu plusieurs fois Jean-Louis Denis mais avait rejoint seul la Syrie après s'être radicalisé via internet.

Un paravent

L'enquête avait démarré en avril 2013 suite au départ en Syrie de deux élèves de l'athénée Fernand Blum. Les deux adolescents avaient été signalés à plusieurs reprises comme faisant partie de l'entourage du prédicateur. Ils avaient notamment participé à la distribution de nourriture que Jean-Louis Denis organisait à la gare du Nord de Bruxelles via son association "Resto du Tawhid".

Le nom de Jean-Louis Denis était alors apparu comme l'un des contacts de ces deux adolescents âgés de 16 ans. Ils participaient notamment avec lui à Bruxelles à des distributions de nourriture à la gare du Nord. Une activité organisée par l'association "Resto du Tawhid".

Mais à côté de la dimension caritative d'aide aux SDF, la Justice considère l'association comme un paravent destiné à recruter de futurs combattants djihadistes. Si Jean-Louis Denis reconnait partager les thèses de l'Islam radical, il conteste en revanche avoir incité les jeunes à partir vers les zones de combats. Quatorze prévenus étaient poursuivis lors du premier procès en janvier dernier, deux seulement en plus de Jean-Louis Denis sont concernés par le procès d'appel.

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