La Fête du Sacrifice entre réjouissances et complexité

Fête du Sacrifice: effervescence des réjouissances et complexité des règles en matière d'abattage.
Fête du Sacrifice: effervescence des réjouissances et complexité des règles en matière d'abattage. - © Tous droits réservés

On l'appelle aussi Aïd al Adha ou Aïd El Kebir (La Grande Fête). La Fête du Sacrifice est la fête la plus importante de l'année musulmane. Elle a lieu deux mois et dix jours après la fin du Ramadan. Pour célébrer l'Aïd Al Adha, les Musulmans procèdent traditionnellement à l'abattage rituel d'un animal.

C’est pour commémorer l’amour d'Ibrahim (Abraham) pour Dieu que la communauté musulmane sacrifie soit un ovin soit un bovin. Au-delà du sens religieux stricto senso, la Fête du Sacrifice est aussi une grande fête familiale et sociale où les notions de rencontre, de joie, de partage et de fraternité sont très présentes. L’organisation du sacrifice, à une telle échelle, doit se faire aussi dans un laps de temps très court. Ce qui rend l’organisation complexe. Cette opération exige la collaboration des communautés musulmanes, des marchands d’animaux, des vétérinaires, des services communaux, de la Région bruxelloise et des services fédéraux. Elle implique également une réglementation en matière d’abattage assez alambiquée.

Règlementation en matière d'abattage

Les autorités fédérales, bruxelloises et communales n’autorisent en aucun cas que des abattages rituels puissent avoir lieu à domicile et ce depuis le 11 février 1988.  Afin d’éviter des abattages illégaux à domicile, plusieurs communes ont décrété par le passé une interdiction générale des abattages à domicile pendant la durée de la fête du sacrifice.

Cette année, de nouvelles mesures ont été mises en place à Bruxelles ; des nouvelles mesures qui ne sont pas toujours bien reçues.

Une grande confusion règne au centre administratif de la Ville de Bruxelles. Certaines personnes ne sont pas au courant des nouvelles mesures pour la Fête du Sacrifice. Femma Daddi est donc présente sur place pour aider ceux qui veulent s'inscrire et explique que " c’est la propreté publique qui s’occupe de la Fête du Sacrifice. On est ici pour donner les nouvelles informations car il y a une nouvelle réglementation par rapport à la Fête du Sacrifice. Donc on est là pour renseigner les gens parce qu’ils ne sont pas au courant des nouvelles réglementations pour cette journée-là. "

A partir de cette année, les pratiquants ne pourront sacrifier qu'un seul mouton par personne et ne pourront pas assister à l'abattage.

La communauté musulmane craint aussi l'émergence à Bruxelles de la loi sur l'étourdissement. Ridouane Akrikise, gérant de la boucherie Aharchi à Saint-Gilles, n’est pas rassuré : "La chose qui me fait très très peur, c’est la nouvelle loi qui est passée en Flandre maintenant. Si cette loi est faite ici, c’est fini la boucherie islamique. Ce sera la fin. "

 

Pour le moment, rien n'est sûr. La secrétaire d'Etat, Bianca Debaets, s'est dite indécise sur le sujet. Elle rencontrera bientôt différentes communautés musulmanes afin d'en discuter.

L'effervescence de la fête

Pas loin de 2000 moutons seront abattus, ce week-end, à Bruxelles-Ville, Molenbeek et Schaerbeek où se trouvent les trois abattoirs mis en place par les communes, pour l'Aid El Kebir. Mais, au sein de la population bruxelloise, des alternatives émergent.

Au premier étage du centre administratif de la Ville de Bruxelles, Samia est venue chercher l'autorisation dont elle a besoin parce que "chaque année, c’est une fête pour laquelle on sacrifie un mouton ". C’est moment important dans l'année qui se consacre en famille : " on attend que ça, on attend que la fête arrive, on est content, on est tous en famille, on est réuni, on fête ça tous ensemble quoi! "

Pour les 250 à 300000 musulmans de la capitale, moins de 2000 moutons vont être abattus, sur le territoire bruxellois. Ce chiffre est en diminution pour les trois raisons suivantes. L'an dernier, il y avait un quatrième site d'abattage à Anderlecht. Certains bruxellois font aussi tuer leur mouton dans une ferme, en Flandre parce que "tu paies rien du tout ". D'autres, enfin, font le choix, plus simple, d'aller chez le boucher à Saint-Gilles, par exemple. Ridouane, le boucher, explique que " à l’abattoir, il y a beaucoup de file, de papiers à faire à l’avance, il y a le transport. C’est plus compliqué à l’abattoir. "

Après le festin, le calme. Bientôt, les frigos de ses clients seront remplis, pour quelques semaines et pour Ridouane c’est " un peu calme. Les gens prennent leur agneau et pendant une ou deux semaines, c’est très calme. Chaque personne a son agneau pour une quinzaine de jours. "

Alternative au sacrifice

Les gens peuvent faire un don soit à une connaissance ou à une organisation qui redistribuera la viande à des familles dans le besoin.

Hélène Maquet et Kieran Sparks

 

 

 

 

 

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