Festival Ramdam à Tournai annulé: "C'est le contraire qu'il faut faire"

Festival Ramdam à Tournai annulé: "C'est le contraire qu'il faut faire"
Festival Ramdam à Tournai annulé: "C'est le contraire qu'il faut faire" - © DAVID STOCKMAN - BELGA

Le festival Ramdam à Tournai a été annulé en raison d'un risque très sérieux d'attentat. Le festival présentait notamment Timbuktu, un film dénonçant l’extrémisme religieux au Mali. Plus de 200 personnes se sont rassemblées ce vendredi soir pour lutter en faveur de la liberté d'expression. Elles estiment que cette annulation est dangereuse pour la démocratie.

Ils sont plus de 200 à regretter l'annulation du festival. "Finalement, nous sommes pris en otage. On a manifesté il y a quelques temps pour la liberté d'expression et puis, là...", commente une manifestante.

Annuler un festival qui se veut justement dérangeant, pour les manifestants c'est un mauvais signal envoyé aux terroristes:  "On sait que c'est un festival qui dérange, il est fait pour ça". "Qu'on mette la police aux alentours et qu'on trie", lance un manifestant. "Il ne faut pas toujours donner raison aux extrémistes". Une autre manifestante abonde dans le même sens: "Il faut sécuriser ! J'aurais préféré cette solution là. Quitte à ce que nous soyons fouillés à l'entrée". 

Sécuriser plutôt qu'annuler, voilà aussi ce qu'aurait préféré le commissaire général du Ramdam festival, Eric Derwael: "La peur elle est là. Tout le monde a peur. Le fait de se terrer chez soi et d'annuler des événements, pour moi, augmente la peur, le crédit qu'on donne au terrorisme. C'est le contraire qu'il faut faire".

Pourtant, Rudy Demotte, bourgmestre en titre de Tournai assume la décision qui a été prise. La police estimait que sécuriser les lieux ne suffisait pas dans ce cas-ci. Le risque était trop grand. "Dans le contexte actuel, il n'y avait pas d'alternative. Mais postposer un certain nombre d'événements ne veut pas dire abandonner la cause", prévient-il. 

On le sent, entre sauvegarder les vies ou les libertés, l'équilibre s'annonce délicat à trouver. 

Odile Leherte

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